‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 207 sur 312 · MOISSON NOCTURNE · texte numérisé non relu

MOISSON NOCTURNE

Quand, pareilles aux hlés murs, Les étoiles toutes blondes Ont couvert des cieux obscurs Les solitudes profondes,

La nuit' se met en chemin.

Moissonneuse à la peau brune.

Oui, pour faucille, à sa main Tient le croissant de la lune;

Par le vaste firmament

Elle fauche, à perdre haleine.

Les épis de diamant,

Oui se couchent sur la plaine.

Mais le temps la presse fort, La besog-ne est malaisée.

Et sur*la terre qui dort Sa sueur tombe en rosée;

1 . La nuit se met en chemin : la nuit est ici représentée sous l»^s traits d'une femir.e.

•À'À(y L\ Di'xouvKim-: du monde.

Dans son ^rand sac (ont i^oiiHtî Elle emporte les javelles'.

Oui, comme des grains de l)l('', Vont semant leurs élincelles;

Puis, (juand revient le jour hieu.

Elle court, traînant ses voiles, Dans les greniers du I)on Dieu Tasser^ ses gerbes d'étoiles.

(Louis DouiLiiET, Fcsions oL Astrarjales. Lemerre.)

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