MOISSON NOCTURNE
Quand, pareilles aux hlés murs, Les étoiles toutes blondes Ont couvert des cieux obscurs Les solitudes profondes,
La nuit' se met en chemin.
Moissonneuse à la peau brune.
Oui, pour faucille, à sa main Tient le croissant de la lune;
Par le vaste firmament
Elle fauche, à perdre haleine.
Les épis de diamant,
Oui se couchent sur la plaine.
Mais le temps la presse fort, La besog-ne est malaisée.
Et sur*la terre qui dort Sa sueur tombe en rosée;
1 . La nuit se met en chemin : la nuit est ici représentée sous l»^s traits d'une femir.e.
•À'À(y L\ Di'xouvKim-: du monde.
Dans son ^rand sac (ont i^oiiHtî Elle emporte les javelles'.
Oui, comme des grains de l)l('', Vont semant leurs élincelles;
Puis, (juand revient le jour hieu.
Elle court, traînant ses voiles, Dans les greniers du I)on Dieu Tasser^ ses gerbes d'étoiles.
(Louis DouiLiiET, Fcsions oL Astrarjales. Lemerre.)