PETITS MENDIANTS
Après avoii' donné son aninonc au plus jeune, Pensif, il s'arrêla pour les voir. — Ln long jeûne' Avait maio-ri leur joue, avait fltiri leur front. Ils s'étaient tous les quatre à terre assis en rond, Puis, s'élant partag-é, comme feraient des anges, Un morceau de pain noir ramassé dans nos fanges^, Ils mangeaient; mais d'un air si morne et si navré ^ Qu'en les voyant ainsi toute femme eut pleuré. C'est qu'ils étaient perdus sur la terre où nous sommes, Et tout seuls, quatre enfants, dans la foule des hommes! — Oui, sans père ni mère ! — Et pas même un grenier. Pas d'abri. Tous pieds nus ; excepté le dernier Qui traînait, pauvre amour, sous son pied qui chancelle'^, De vieux souliers trop grands noués d'une ficelle.