‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 215 sur 312 · PETIT PAUL · texte numérisé non relu

PETIT PAUL

On retrouva renfaiit le lendemain matin. ' On se souvint des cris perdus dans le lointain; Quelqu'un même avait ri, croyant, dans les nuées, Entendre, à travers l'ombre où flottent des huées", On ne sait quelle voix du \ent crier : Papa! Papa! Tout le village, énni, s'en occupa. Et l'on chercha; l'enfant était au cimelièi'C. Calme comme la nuit, blême comme la pierre, Il était étendu de\ant l'entrée, et froid : Gomment avait-il [)u jusfju'à ce triste endroit Venir, seul dans la plaine où pas un feu ne brille? Une de ses deux mains tenait encor la grille; On voyait qu'il avait essayé de l'ouvrir. Il sentait là quelqu'un pouvant le secourir;

1. Petit Paul : enfant qui avait perdu sa mère, ef dont le père s'était remarie. Il fut confié aux soins de son içrand-père. Celui-ci une fois mort, petit Paul revint près de sa marâtre, qui le fit souffrir. Un jour on le trouva mort à la porte du cimetière, où était enferré son grand-père.

2. Huées : cris de dérision poussés contre quelqu'un par une foule.

[>J\0 LA DKCOUVRRTE DU MONDE

Il avjiil appelé dans l'oiuhre solitaiic, Longtemps; puis il était tombé mort sur la terie, A quelques pas du vieux grand-père, son ami. N'ayant pu l'éveiller, il s'était endormi,

{\ . Hugo, La Lér/mt/c drs Siècles.

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