LE BAISER
NineUe a mis fine chaussure, Robe l)Ianche avec rubans bleus, Un larg-e nœud à sa ceinture...
La joie éclate dans ses yeux.
Elle rencontre une fillette.
Pale et maigre sous ses haillons, Qui reste immobile et muette, La suivant de ses yeux profonds.
— « Oh ! maman; la pauvre petite!...
Permets-moi de la consoler ! »
Et Xinette s'en va bien vile Sécher les pleurs qui vont couler.
Mais l'enfant détourne la tète, Repousse sa main et se tait.
Xinette, surprise, inquiète, Lui dit : « Mais que t'ai-je donc fait?
Veux-tu mon mouchoir de batiste'?
Veux-tu des gâteaux?... ou du pain?...
Oh! seulement ne sois plus triste!... » L'enfant répond : « Je n'ai pas faiFU. »
Batiste : toile de lin très fine.
'2l\2 I-A DKCOlJVKRTIi; DU MONDK.
Elle lient dans sa main IVrrriée Une ci'onle de \ien\ pain his ' ; Elle n'es( d(^nc pas an'.nnéc.
Xinette a l'air triste et snrprîs.
(( ,1e vois qne rien ne peut le plaire El je ne puis pas le forcer % Mais lu voudras bien, je l'espère, Au moins me laisser l'embrasser. »
Le regard de l'enfant s'éclaire.
Quelle joie un mot peut causer!
« Ah ! depuis la mort de ma mère Je n'ai pas reçu de baiseï". »
(M'uc DE Phessensé, Ninette.
Flsclibacher.)