‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 216 sur 312 · LE BAISER · texte numérisé non relu

LE BAISER

NineUe a mis fine chaussure, Robe l)Ianche avec rubans bleus, Un larg-e nœud à sa ceinture...

La joie éclate dans ses yeux.

Elle rencontre une fillette.

Pale et maigre sous ses haillons, Qui reste immobile et muette, La suivant de ses yeux profonds.

— « Oh ! maman; la pauvre petite!...

Permets-moi de la consoler ! »

Et Xinette s'en va bien vile Sécher les pleurs qui vont couler.

Mais l'enfant détourne la tète, Repousse sa main et se tait.

Xinette, surprise, inquiète, Lui dit : « Mais que t'ai-je donc fait?

Veux-tu mon mouchoir de batiste'?

Veux-tu des gâteaux?... ou du pain?...

Oh! seulement ne sois plus triste!... » L'enfant répond : « Je n'ai pas faiFU. »

Batiste : toile de lin très fine.

'2l\2 I-A DKCOlJVKRTIi; DU MONDK.

Elle lient dans sa main IVrrriée Une ci'onle de \ien\ pain his ' ; Elle n'es( d(^nc pas an'.nnéc.

Xinette a l'air triste et snrprîs.

(( ,1e vois qne rien ne peut le plaire El je ne puis pas le forcer % Mais lu voudras bien, je l'espère, Au moins me laisser l'embrasser. »

Le regard de l'enfant s'éclaire.

Quelle joie un mot peut causer!

« Ah ! depuis la mort de ma mère Je n'ai pas reçu de baiseï". »

(M'uc DE Phessensé, Ninette.

Flsclibacher.)

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