COLIX-MAILLARD
Un enfant frèle cl blond, dont la mine éveillée l^aisse voii* des pâleurs, quoicju'un peu barbouillée'. Conduit le [)auvre aveug-le et marche à petits pas. A l'angle du chemin ils vont s'asseoir, là-bas, Muets, l'un contre l'autre, et jamais ne demandent. Ils ne poursuivent pas notre aumône, ils rattendenl. Il faut les plaindre, enfants; ils sont si malheureux ! Etc'cst touchant de voir comment ils s'aiment entr'eux, Et de voir ce g-arçon de huit ans, dont l'enfance Aurait encor besoin de g'uide et de défense. Si petit ! attentif aux pierres du chemin, Surveiller un \ieil homme et lui donner la main.
Le sourire à la lèvre ou les pleurs sur la joue,
Fils de pauvre ou de riche, il faut que l'enfant joue;
C'est pourquoi, l'autre jour, l'enfant pâle à l'œil bleu
Avait naïvement imag^iné ce jeu
De courir tout autour de l'aveugle débile^.
Oui, sur la terre assis, posant là sa sébile"*^,
1 . Colin-Maillard : jeu dans lequel l'un des joueurs a les yeux bandés et cherche à saisir les autres en les poursuivant à tâtons.