‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 221 sur 312 · L'ENFANT CRUEL · texte numérisé non relu

L'ENFANT CRUEL

Enfant, vous avez pris un oiseau clans un champ,

Et vous voilà joyeux, et vous criez victoire!

Et le pauvre petit, dans une ca^^^e noire,

Se plaint, et vous prenez sa plainte pour un chant.

Il va vous amuser ainsi jusqu'à demain; Et pour ce court plaisir vous lui coupez les ailes. Tout en l'emprisonnant entre ces barreaux g-rêles, Pour qu'il ne vole pas plus haut que votre main.

Et vous le regardez ainsi, depuis une heure, Meurtrir son petit bec dans son étroit cachot, fcourir aux quatre coins, voler de bas en haut. Avec le cri plaintif de toute àme qui pleure.

Et pourtant vous semez sa cage de muguets Et de toutes les fleurs, ses anciennes compagnes; Mais cela ne vaut pas l'air des vastes campagnes Et les chansons du soir dans le fond des bosquets.

■2f[S LA DKCOnVKH [!•: DU M()S\)l].

Vous ne savez donc pas, eiilant, (piel saint mystère' En hecquclant partout remplit l'oiseau pieux^? Les petits sont dans l'arbre au fond du nid joyeux; Pour vous, c'est un oiseau; mais pour eux, c'est un père!

(Alexandre Dumas fils, Péc/iés i/c j'eiuiessf.)

I . Mystère : dans le sens de : fonction sacrée. ■^. Pieux : animé d'un sentiment d'amour paternel.

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