‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 222 sur 312 · LE CRAPAUD · texte numérisé non relu

LE CRAPAUD

(fragments.)

Les enfants l'aperçurent

El ciièrent : « Tuons ce vilain animal,

Et, puisqu'il est si laid, faisons-lui bien du mal! »

El chacun d'eux, riant, — l'enfant rit quand il tue, —

Se mit à le piquer d'une branche pointue,

Et le sang-, sang- affreux, de toutes parts coulait

Sur ce pauvre être ayant pour crime d'être laid;

Il fuyait; il avait une palie arrachée;

t'n eiifant le frappait d'une pelle ébréchée ' ;

Son front saignait ; son œil pendait; dans le genél'

Et la ronce, effroyable à voir, il cheminait.

II respirait toujours; sans abri, sans asile.

Il rampait; on eût dit que la mort difficile-

Le trouvait si hideux qu'elle le refusait;

Les enfants le voulaient saisir dans un lacet ^.

Mais il leur échappa, glissant le long des haies;

L'ornière "^ était béante, il y traîna ses plaies

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