LA PLAINTE DL' J^OIS
Dans Tàlre flamboyant le feu sifHe et détone', Et le vieux bois £;émit d'une voix monofone. 11 dit qu'il était né pour vivre dans l'air pur, Pour se nourrir de terre et s'abreuver d'azur. Pour grandir lentement el pousser chaque année Plus haut, toujours plus haut, sa tète couronnée. Pour parfumer avril de ses grappes de fleurs, Pour abriter les nids et les oiseaux siffleurs, Pour jeter dans le vent mille chansons joyeuses, Pour vêtir t()ur à tour ses robes merveilleuses. Son manteau de printemps de fins bourgeons couvert, Et la pourpre en automne, et 1 hermine' en hiver. Il dit que l'homme est dur, avare et sans entrailles, D'avoir à coups de hache et par d'âpres entailles Tué l'arbre; car l'arbre est un être vivant.
Et dans l'àtre en brasier^ le bois geint ^ et se tord. 0 bois, tu n'es pas sage et tu te plains à tort.