SOUVENIR D'ENPAXCE
Oui, je reviens à toi, berceau de mon enfance, Embrasser pour jamais les foyers protecteurs. Loin de moi les cités et leur vaine opulence ! Je suis né parmi les pasteurs ' !
Enfant, j'aimais comme eux à suivre dans la plaine Les ag-neaux pas <à pas, ég^arés jusqu'au soir; A revenir comme eux baigner leur blanche laine Dans l'eau courante du lavoir.
J'aimais à me suspendre aux lianes' légères, A gravir dans les airs de rameaux en rameaux. Pour ravir le premier, sous l'aile de leurs mères, Les tendres œufs des tourtereaux.
J'aimais les voix du soir dans les airs répandues. Le bruit lointain des chars g"émissant sous leur poids. Et le sourd tintement des cloches suspendues Au cou des chevreaux dans les bois.
(Lamartine, \oure/les Méditations, fraginent des Préludes. Hachette.)