LA MAISON BU MOUSTOIK
O maison du Moustoir! combien de fois, la nuit^ Ou quand j'erre le jour dans la foule et le bruit, Tu m'apparais ! — Je vois les toits de ton village Baig^nés à l'horizon dans des mers de feuillag^e, Une grêle fumée au-dessus; dans un champ, Une femme de loin appelant son enfant, Ou bien un jeune pâtre assis près de sa vache, Oui, tandis qu'indolente elle paît à l'attache". Entonne un air breton si plaintif et si doux. Qu'en le chantant ma voix vous ferait pleurer tous. Oh ! les bruits, les odeurs, les murs gris des chaumières,. Le petit sentier blanc et bordé de bruyères. Tout renaît comme au temps où, pieds nus, sur le soir,. J'escaladais la porte et courais au Moustoir; Et dans ces souvenirs, où je me sens revivre, Mon pauvre cœur troublé se délecte-^ et s'enivre! Aussi, sans me lasser, tous les jours je revois Le haut des toits de chaume et le bouquet de bois.