‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 63 sur 312 · LA VACHE · texte numérisé non relu

LA VACHE

r lie vache était là tout à l'Iieure arrêtée.

Superbe^ énorme, rousse et de blanc tachetée,

Douce comme une biche' avec ses jeunes faons ^,

Elle avait sous le ventre un beau groupe d'enfants,

D'enfants aux dents de marbre-, aux cheveux en broussailles*.

Frais, et plus charbonnés -' que de vieilles murailles,

Oui, bruyants, tous ensemble à g-rands cris appelant

D'autres qui, tout petits, se hâtaient en tremblant,

Dérobant^ sans pitié quelque laitière absente,

Sous leur bouche joyeuse et peut-être blessante

Et sous leurs doigts pressant le lait par mille trous,.

Tiraient le pis" fécond de la mère au poil roux.

Elle, bonne et puissante et de son trésor pleine,

Sous leurs mains par moments faisant frémir à peine

Son beau flanc plus ombré ^ qu'un flanc de léopard ^^

Distraite, regardait vaguement quelque part.

(\ icior FIrno, L^s Vcn'.r iniérieui-es. Hetzcl.)

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