‹ Poèmes provinciauxChapitre 20 sur 38 · VOICI LES JOURS · texte numérisé non relu

VOICI LES JOURS

Voici les jours plus gris et les pleurs de Septembre Mourant. On n'entend plus crier les martinets Et, le souper fini, on veille dans la chambre De la grand'mère. Sous la lampe au doux reflet Je vois le profil grave, attentif de ma tante Dont la main souple mène une plume en glissant Sur le papier ; au fond la cretonne flottante Des rideaux du lit aux dessins connus ; je sens,

Derrière moi, le regard de la haute armoire.

L* aïeule va céder au somme habituel

Avec l'air, au journal, de lire quelque histoire.

Dehors, c'est le chemin boueux, le triste ciel

Où le vent fait courir les nuages et tire

Sur les arbres penchés dont les feuilles s'en vont . .

Je reste, mon poète est là, les meubles ont

A leurs angles luisants un confiant sourire ;

On ne parlera pas et la mère, pourtant,

En s'éveillant, fera : « J'entendais, mes enfants. »

Et ma tante me regardera sans rien dire.

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