SEPTEMBRE
Pour Ad. Van Bever.
Dans l'ombre tiède et bleue des branches du verger, Aux feuilles déjà craintives du moindre souffle, Les femmes ont porté le lainage à ranger Et l'enfant sérieuse brode une pantoufle.
On parle peu chacun s'intéresse à ses doigts Sous lesquels naissent les tissus aux chaudes mailles ; Et puis, d'être toujours ensemble, on n'a, ma foi. Plus grand' chose à se dire et, sans bruit, on travaille.
Dans la cour c*est, en tas hauts et dorés, la paille Que Ton battit en Août ; les vignes, à côté, Sous le pesant trésor de leurs grappes défaillent Dont on voit par endroit le grain noir, ardoisé. Des pommes et des coings gisent, verreux, à terre Et du cuvier ouvert, où le tonnelier serre Les cercles du pressoir qui résiste et se plaint, Sort une odeur aigûe de bois moisi, de vin. . . « Lés vendanges, bientôt, soupire la grand'mère ! »
Di^^ed by VjOOÇIC
La vie étrange et douce et lente va mourir
En vigne qui s* effeuille au temps des grappes mûres.
Henri de Rkgnibr.