‹ Poèmes provinciauxChapitre 23 sur 38 · VERS L'AUTOMNE · texte numérisé non relu

VERS L'AUTOMNE

J*ai cueilli ce bouquet de feuilles dans les vignes Qu'ont rougi les matins de brume, de vent froid, Et pour qu'il soit rustique plus encore et digne De votre Salon de province aux anciens vases, Il y a de ces grands chardons secs que l'on voit Près des fossés feutrés d'herbe morte où la vase. En ruisseaux minces, lents, recommence à fluer. Il n'est plus une fleur et la mûre s'écrase Aux buissons où luit seul le fruit de l'églantier ; Les raisins sont coupés et la prairie est rase. Songeant à vous c'est tout ce que j'ai pu porter.

Mais, je vous redirai cette odeur d'air humide, De champignon, de bois qui gonfle et le frisson Du peuplier frileux au bord du chemin vide, Les lointains flous, la boue et toute la saison Qui règne sur les dehors gris et en moi-môme Où c'est l'Automne aussi, bien souvent et le soir. Un soir tendre et rose de rôve. . . Tout essaime : Les feuilles dans le vent, les ailes à l'espoir. L'eau pâle, en les roseaux, médite, solitaire, La forêt sous la brume a l'air d'un souvenir Et dans votre jardin qui pleure, funéraire.

Le chrysanthème va s'ouvrir î

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