‹ Poèmes provinciauxChapitre 29 sur 38 · LE CRÉPUSCULE VIENT · texte numérisé non relu

LE CRÉPUSCULE VIENT

Le crépuscule vient dans la salle à manger.

Il pleut et dans mon cœur une tristesse filtre ; Cttte mort du jour blême aux rideaux fait songer Très gravement. . . Ces yeux d'angoisse qui se vitrent Et que l'on dut fermer d'un funèbre baiser ! . . . Il pleut, la rue esb noire et bruit sous l'ondée, De naissantes lueurs s'allongent aux croisées Avec un cri plaintif tournent les contrevents ; Et me voici tenté dans le pieux silence

De revivre ce qui, par la vie, eut souvent Cette couleur de pluie et de désespérance.

Le reflet du dressoir s'estompe lentement ; On dirait que le portrait recule et remue Comme pour un adieu de chose s'effaçant Dans le noir ; la pendule a sonné puis s'est tue. Il pleut ! Accord secret de l'âme et de la vue. . .

Mais par la porte ouverte une clarté s'élance :

Ah l c'est vrai, le souper, la nappe, le couvert,

Et vous fuyez rêves pleurant doucement vers

Les rideaux, les coins pleins d'ombres où vos yeux cher

S'éteignent comme des étoiles sous la lampe.

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