J.A MORT D'UNE BACCHANTE
oùs ne tisserons pas les graves violettes, Nous ferons retentir le paktis vaste et doux A travcr's les forêts et les plaines muettes, Et nous arracherons les grands feuillages roux, — Mes compagnes, la voix large des lyres chante La mort d'une Bacchante*
|4 ÉVOCATIONS
La solitude a moins de regrets que l'amour,
lit le sanglot est moins déchirant que le rire. ••. Nous mêlerons nos bras jusqu'au déclin du jour, Et nous parfumerons de roses et de myrrhe ■ Nos corps, oiVbrùlçra, comme un ferment divin, , La colère du vin»
Contemple sur ton seuil de pierre, ô sombro proie De riiadès et du Styx, ô silence, ô pâleur I Notre douleur, pareille à l'éclat de la joie, Notro joie aux yeux fous, pareille à la douleur I Car la foule, cueillant la fleur de! vignes, chante La mort d'une Bacchante.
Vois toute la lumière, entends l'éclat du bruit!,.. Plus tard, nous couperons nos cheveux de prêtresses, Dorés comme la lune}, épais comme la nuit, Ardents comme le soir, imprégnés de caresses, , Plus tard, nous éteindrons le suprême flambeau Sur ton calme tombeau.
h A MO HT p'UNE BACCHANTE
Et nous to laisserons à l'ombre pacifique, Toi dont la lassitude envia le sommeil Du faune et du satyre accablés de musique, Rassasiés de fruits et repus de .soleil.» Compagnes, écoutez la pleureuse qui chante La mort d'une Bacchante.
ÉVOCATIONS
Lo4 COSNIQUE
Passant, je me souviens du crépuscule vert Où glissent lentement les ombres sous-marines, Où les algues, offrant leur calice entrouvert, Étreignent de leurs bras fluides les ruines Des vaisseaux autrefois pesants d'ivoire et d'or, Je me souviens de l'ombre où la nacre s'irise, Où dorment les anneaux, étincelants encor, Que donnaient à la mer ses époux de Venise/ , Passant, je me souviens du patient travail 1 De ces vivants jardins aux plantes animales
(.A CONQUR
Pont l'heure et le courant disposent les pétales, Et, parmi tant de fleurs, du vivace corail, Rose animale et rouge e'close dans la nuit. Je me souviens d'avoir bu rôdeur de la brume Et d'avoir admire le sillage qui fuit En laissant sur les flots une neige d'ecumo, Je voyais chaque soir, parmi l'azur changeant Des vagues, refleurir les astres du phosphore, Mon lit d'amour était le doux sable d'argent, J'ai vu s'épanouir le nombreux madrépore Qui bâtissait parmi de gris lambeaux empreints De sel„. Ce furent les bannières déployées* J'ai pleure les beaux yeux et les cheveux éteints Et les membres meurtris des amantes noyées ' Gardant encore au bras un bracelet de fer. Dans mon cœur chante encor la musique illusoire De l'Océan, Je garde en ma frêle mémoire Le murmure et l'haleine et l'âme de la mer.
ÉVOCATIONS
LES ÊUviUCHES
JUe charme douloureux des ébauches m'atlire Telles les frôles fleurs qu'une haleine meurtrit Car la beauté jadis entrevue y sourit, Harmonieusement, de son demi-sourire»
, Ces visages fuyants, ces fragiles contours, S'estompant sur la toile irréelle du rêve,1 Ne laissent au regard qu'une vision brève Dont la divinité se dérobe toujours,
m ébauches 49
L'ébauche étant la sœur fragile des ruines Qui mêlent leur tristesse et leur hantiso au soir, Évoquant la splendeur ancienne d'un pouvoir Sombré dans le palais que voilent les bruines,
On sont l'accablement du vouloir entravé Dans la ténuité morbide de l'esquisse Dont la grâce furtive, où le regret se glisse, A l'infini dl) vague et de l'inachevé»
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fO ÉVOCATIONS
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es roses sur la mer, des roses ctans le soir,
Et(toi qui vie n$ de. loin/ les ma ms lourdes de roses! JVispjre' ta beauté
Ses fines cendres d*or et ses poussières {roses,,. Des roses sur la ipeç, des roses dans le soir»
KOSKS DU SOIR
Un songe ovocatcur tient mes paupières closes. J'attends, ne sachant trop ce que j'attends en vain Devant la mer pareille aux boucliers d'airain, Et te voici venue en m'apportait des roses.»,
O roses dans le ciel et le soirl O mcé roses I
ÉVOCATIONS
o4 loi DIVINITÉ IV^COV^UE
vj 'aspire auprès de toi le silence et le charme Des nuits où la douleur se plaît à demeurer, Toi qu'on ne voit jamais essuyer une larme, Mais dont parfois j'entends la grande âme pleurer.
' I Le miroir réfléchit tes chastes attitudes,
Et tu fuis le factice et le faste et le fard:.
Tes lèvres ont gardé le pli des solitudes
Et l'accent des bonheurs qui nous viennent trop tard,