‹ PoèmesChapitre 19 sur 32 · LA VÉNUS DES AVEUGLES · texte numérisé non relu

LA VÉNUS DES AVEUGLES

Nul n'ose imaginer le visage inconnu»

La Déesse règne ,cn J'ombre éternelle Où les murs sont nus,* où Fautel est nu, Où rien de vivant ne s'approche d*El!e. Dans un temple vaste autant que' les cieux La Déesse Noire, interdite aux yeux,

Se retire et se plaît dans la nuit éternelle*

Les Aveugles sq sont traînés à ses genoux Pourtant, et, levant leur paupière rouge, Semblent adorer un dieu sans courroux, Ht nul ne gémit et nulle ne liouge, Mais, dans cette cxtaîp où meurt le désir, Où la main se tend et n'ose saisir,

Une larme a coulé sous la paupière rouge.

AFTERGLOW

o4P1:B\GLOW

vjii poursuis mon chemin vers le havre inconnu. Les Pommes de Désir ont blessé m<juji cœur nu»

Dans la perversité de leur inquiétude Elles ont outragé ma calme solitude.

Elles nW respecté ni l'ordre \\\ la loi

Qitc j'observais, avec un très exact effroi. -V

Obéissant au cri de leurs aigres colères, Elles ont arraché mes prunelles trop claires.

68 l<A VÉNUS DES AVEUGLES

Et, voyant que j'étais debout en mon orgueil, Elles ont déchiré mes vêtements de deuil.

Entrelaçant poùi' moi les lys de la vallée,

Les Femmes de pouceur m'ont enfin consolée.

Elles m'ont rapporté la fcrvdur et l'espoir Dans leur robe, pareille à la robe du soir.

Je sens mourir en moi la tristesse et la haine,. En écoutant leui* voix murmurante et lointaine. .

Voyant planer sur moi l'azur des jours meilleurs, Je les suivrai, j'irai selon leurs vœux, ailleurs.

. Puisque ces femmes-la sont la rançon des Autres, Quels jours dores qt quels soirs divins setW nôtres!..

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