‹ PoèmesChapitre 24 sur 32 · II · texte numérisé non relu

II

A ï, HEURE DBS MAINS JOINTES

Pour lui prouver que jâl-alnio'pluè que moi-même, Je donnerai mes yeux à la' femme que j'aime.

Je lui dirai d'un ton humble, tendre et joyeux v « Ma très chère, voici l'offrande de mes yeux» »

Je donnerai mes yeu* qui virent tant de choses, Tant de couchants e^ tant do mers et tant de roses,

Ces yeux, qui furen^miens, se posèrent jadis Sur le terrible autel de .l'antique Éleusis,

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Sur Séville aux beautés pieuses et profanes, Sur la lente Arabie avec ses caravanes,

J'ai vu Grenade épriso on vain de ses grandeurs Mortes, parmi les chants et les lourdes odeurs,

Venise qui pâMit, Dogarcsse mourante, Et Florence qui fut la maîtresse de Dante,

J'ai vu l'Hellado où pleure un écho do syrinx, fit l'Egypte accroupie en face du grand Sphinx.

J'ai vu, près des flots sourds que la nuit rassérène, Ces lourds vergers qui sont l'orguejl de Mytilène,

J'ai vu des îles d'or aux temples parfumés, Et ce Yeddo, plein de voix frêles de mousmés,

Au hasard des climats, des courants et des zones,

J'ai vu la Chine même avec ses faces jaunes, M

J'ai vu les îles d'or où l'air se fait plus doux, Et les étangs sacrés près des temples hindous,

a l'heure des mains jointes

Ces temples pu survit l'inutile sagesse Je te donne tout ce que j'ai vu, hia maîtresse !

Je reviens, t'apportant mes ciels gris ou joyeux, Toi cjuo j'aime, voici ronVando de mes yeux.

•■'Mi -

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