‹ PoèmesChapitre 25 sur 32 · SUPPLICATION · texte numérisé non relu

SUPPLICATION

SUT<PLlCe4TI0&£

ans amie et sans livre, errant au bp^rd dos eaux Que le soleil ranime et la lune caresse, Venise, je serai comme une Dogaresse Éprise du sommeil de tes mornes canaux.

Je croirai voir passer les superbes cohortes Qui sont plus, assise en mon chagrin errant» O toi qui ne sais plus la fraîcheur du courant, Attire-moi, Venise, au fond de tes eaux mortes I

9$ X l'heure dus mains jointes

Et dis à ces amants stupides do demain Que je les ai jugës et que je les méprise... 4 O toi, la solitaire et l'altièrc, ô Veniscl Enseigne le néant de ce bonheur humain,

Mène, vers le péril, cette troupe insensée Qui s'enivre du chant de tes voix, dans la nuit, 1 Qui suit le mouvement de la rame qui fuit Sans connaître le fond très noir de ta pensée*

Alt dis encore, ô toi qui; pèses suivies eaux! Funèbre comme moi, comme moi froide et sombre, Redis avec ma voix sans écho, ma voix d*ombrc, Que la mort seule est douce au fond de tes canaux!

CONIMDliNCE DEVANT LB SOlJt ! 99

CO&ÇJPÏ'DEfrÇfiÈ vnVcÀCNIT LE S0l%

o 01, je le crois, je suis calme, je suis heureuse, 1/aubc a dô rafraîchir mes tempes d^iiévreuse,

Viens, je to conterai mon passé, si tu veux» Et je te parlerai d'abord de ses cheveux,

Ses cheveux la nimbaient» virginale auréole* Kilo ne savait pas que 1,1 douceur console,

Ses cheveux blonds étaient plus pâles qu'un reflet, lit jo l'ai poursuivie ainsi quîun feu follet*

•loo a l'heure dès mains- jointes

Écoute» Tu le sais* ô charme de mes heures! Les premières amours ne sont pas les meilleures*

Cet irritant baiser qui me rongeait la chair Mordait plus âprement que le sel de la mer.

Ton rôve se marie au mien lorsque je pense, Et jamais je ne fus tranquille en sa présence.

Flatteuse, elle savait m'entourer de -ses bras, Mais bientôt je compris quelle no m'aimait pas.

Et je sus m'arraclier au piège de sa grâce, J'ai pleure très longtemps... Malgré soi l'on se lasse.

Ma vie <4tait pareille aux printemps défleuris.

Je me suis dit un soir: « Mes yeux se sont taris. »

, Ainsi, je reconnus que son cœur était double, Si bien qu'enfin je pus la contempler sans trouble.

' J'évoque sans regret ces beaux jours très anciens, Plus menteurs et plus, doux que les songes païens,

CONFIDENCE DEVANT LU SoilV ICI

Car ici je me crée une âme nonchalant**,

Et -l'instant fuit, ayant les pieds blancs d'Atalante,

Avec un langoureux bonheur je me détends... O charme de tes yeux, deslparfums et du temps]

11 me semble que j'ai parle* dans le déliré

Tout a l'heure,.. Oublions ce que je viens de dire.

loi

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