‹ Poèmes sacrés. [Edité] par l'abbé Joseph BonnetChapitre 104 sur 107 · Grands écrivains de la France · texte numérisé non relu

Grands écrivains de la France

J'aurais voulu, par des conformités du même genre, établir un lien entre la Petite Bible et la Paraphrase des Psaumes; mais l'objet est tout autre, tandis que la parenté de la Paraphrase avec le Psautier en prose se démontre sans la moindre peine.

Ces fruits de la retraite si laborieuse et si édifiante de Racine paraîtront dans l'ordre de leur perfection. Réservant pour Fa- A^enir les deux Bibles, qui demandent un chemin déjà frayé, je ferai suivre les Poésies de la traduction en prose du Psautier, qui est le triomphe du rhythme. Les Réflexions sur les Psaumes de la Pénitence montreront une langue en apparence sans ornements employée à exprimer la vie intérieure avec un art d'autant plus consommé qu'il se dérobe davantage; après quoi, dans la Paraphrase des Psaumes, on verra la douceur de Racine s'allier avec la profondem- et la sobriété de Pascal.

Qu'il me soit permis en terminant d'avertir les bibliogi-aphes qu'il n'y a rien de commun entre les Sept Psaumes de la Pénitence paraphrasés en sonnets par lesquels s'ouvre ce volume, et les Psaumes de la Pénitence paraphrasés en sonnets de Constantin de Renneville.

Il se jDOurrait aussi qu'on ti'ouvât les Psaumes en vers imprimés sous le nom d'Eustache Le Noble à Paris, chez de Luynes, en 1698. Il y aurait là une double supercherie. Eustache Le Noble n'avait encore rien mis au jour sur les Psaumes en 1704, pas plus qu'il n'y avait d'éditeur parisien se nommant de Luynes. Nous en avons pour garant le Catalogue manuscrit de Prosper Marchand, conservé à la Bibliothèque Impériale de Saint-Pétersbourg.

Au reste, je me sais plus de gré d'avoir arraché les Psaumes en vers à Le Noble, et de les avoir restitués à Racine, que si je les avais trouvés dans un manuscrit.

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