‹ Poèmes sacrés. [Edité] par l'abbé Joseph BonnetChapitre 12 sur 107 · PSAUME CI · texte numérisé non relu

PSAUME CI

CINQUIÈME PSATME DE LA I^RXITEXCE

ARGUMENT

Lca péchés du peuple juif ayant provoqué la colère de Dieu, il devint la proie des Assyriens. Jérusalem fut prise et détruite, et les Hébreux conduits captifs en Babylone. Dieu, par différents prophètes, leur avait promis la fin de celte captivité. Mais comme le temps leur en était inconnu, un de leurs prophètes composa dans Babylone cette prière pour demander à Dieu le retour de son peuple dans la Judée et le rétablissement de Jérusalem. On y voit une peinture vive des peines que ce prophète souffrait dans cet esclavage. Il implore la miséricorde de Dieu en lui montrant que dans Vextrémité des misères où son peuple est réduit, il est temps que ses promesses s'accomplissent, et que les ruines de cette ville, si tendrement chéries par les Juifs, fussent réparées. Il tâche d'exciter cette miséricorde par la considération de la gloire que Dieu en tirera à la vue de toutes les nations, dont il prédit la conversion. Et enfin, après lui avoir demandé assez de vie pour voir ce temps heureux, il loue le Verbe divin comme créateur de V univers, et invoque son secours. On peut très-bien appliquer ce rétablissement de la Jérusalem temporelle à celui de la spirituelle, et l esclavage de Babylone à celui du péché.

Domine, cxaiidi orationem nicain^ et clamor meus ad te vcniat.

Seigneur, exaucez ma prière, et que mes cris arrivent jusques fi vous.

SONNET

Privé des cliamps heureux qui furent mon partage, Les sanglots dans le cœur, et les larmes aux yeux. J'élève en gémissant mes regards vers les cicux, Et vous montre les fers de mon dur esclavage.

Vous voyez de mon sort quel est l'indigne outrage. Accablé sous le joug d'un vainqueur furieux, Et souffrant ce qu'on peut de plus injurieux, Puis-je à d'autres qu'à vous adresser mon hommage?

Lnissez-vous donc, mon Dieu, toucher à mes douleurs Ecoutez mes soupirs, voyez couler mes pleurs. Et. sensible, exaucez ma fervente prière.

Que mes gémissements s'élèyent jusquà vous; El. pour les recevoir, mmpez cette barrière Qu'oppose à mes clameurs votre divin courroux.

Non (lucrUis facicin liuiin a me; in quâcunujuc die iril)iil()i\ inclina ad me aurem tuam.

Ne détournez point votre visage de dessus moi dans les jours malheureux de mon affliction; et que votre oreille s'incline pour m' écouter.

Que je crains, ô mon Dieu, votre juste colère, Et cfu'à mon cœur tremblant elle donne d'effroi! Si votre œil irrité se détourne de moi, Qui pourrai-je invoquer pour finir ma misère?

Songez que c'est un fils qui s'adresse à son père, Un sujet enchaîné qui réclame son roi; Je sais que mes péchés ont franchi votre loi; Mais que mon esclavage en rend la peine amère!

De mes afflictions pour soulager le i>oids, Rendez-vous attentif aux élans de ma voix. Et jetez sur mes maux une amoureuse vue.

Adoucissez du moins leur cruelle rigueur.

Et que par mes soupirs votre clémence émue

Incline votre oreille et m'ouvre votre cœur.

U. qiiûcumqiie die invocavcro te^ vclociter exaudi me.

l'A\ qiiohiue IcMups (iiie jinvociiic voire secours, exaucez-moi prcmptcment.

SONNET

Eji quelque temps, Seigneur, que le pécheur vous prie.

Ses soupirs et ses pleurs ne sont point rebutés.

A peine invoque-t-il vos divines bontés

Qu'il voit en sa faveur votre oreille attendrie.

Percé de mes douleurs, je gémis, je m'écrie; Sur des ailes de feu mes vœux vous sont portés. Faites-moi ressentir que vous les écoutez. Et ne différez plus à me rendre la vie.

Plein de foi, plein d'espoir, j'implore tous les jours De votre bras divin l'adorable secours; Faites à mes tourments succéder la bonace.

Mais si vous répondez à mon besoin pressant,

A ma nécessité mesurez votre grâce.

Et soyez aussi prompt que vous êtes puissant.

psaumes de la Pénitence. ^

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Quia defeccrunt sicut fumas dics inci^ et ossa mea sicat crcmium arucrunt.

Ma vie se dissout comme une fumée, et mes os sont desséchés comme du bois aride et prêt à prendre feu.

SONNET

Qu'est-ce donc que ma vie? Une lampe allumée Dont la flamme n'a plus qu'un instant à durer. C'est une huile qui voit faiblement expirer La mourante lueur dont elle est animée.

Je sens qu'elle s'éteint et qu'elle est consumée Dans les rudes tourments qu'on m'a fait endurer. Son reste languissant, prêt à s'évaporer, Va se perdre dans l'air ainsi qu'une fumée.

Chaque jour m'affaiblit, et mon genou tremblant Succombe sous le poids de mon corps chancelant. Tout prêt à trébucher où sa course est bornée.

Le faix de mes malheurs me fait courber le dos Une maigre pâleur teint ma peau décharnée. Et le chaume est moins sec que mes arides os.

J'iTcussum SLini ut f<rnnm ci (tniit cor mcuin. quia oiilitus suin comedcrc pancni mcum.

Je suis sec comme le foin coupé et flétri par le soleil; mon cœur est aride, et je suis tellement accablé de mon affliction que j'en néglige ma nouiTiture.

SONNET

Comme quand, au milieu d'une verte prairie. Oïl voit tomber le foin sous la faux abattu. Des rayons du soleil sitôt qu'il est battu, L'herbe sans aliment devient sèche et flétrie;

Ainsi, sous les douleurs dont je sens la furie. Mon coeiu*, après avoir vainement combattu, Tombe, languit, se sèche et reste sans vertu, Et ma chair se flétrit faute d'être nourrie.

L'excessive rigueur de mes cruels tourments Me force à négliger jusqu'à mes aliments. Et je les ai réduits aux pleurs que je dévore.

Mais, malgré les aigreurs de ce calice amer,

11 me deviendrait doux, si le Dieu que j'implore,

En voyant tous mes maux, voulait bien les calmer,

A voce gemitûs met adhœsit os inciun carni meœ.

Les gémissements ont si fort exténué mon corps que Je n'ai plus qu'une i)eau sèche collée sm' les os.

SONNET

Tout le jour je me plains d'une voix désolée; En longs gémissements je consume les nuits, Et je ne trouve rien dans l'état où je suis Donl ma vive douleur puisse être consolée.

Mon âme, à ses chagrins sans relâche immolée. S'abîme dans l'horreur de ses tristes ennuis, Et mes os ne sont plus que les faibles appuis D'une livide peau qui sur eux est collée.

Je suis comme un perclus, et mon débile corps A peine de ses nerfs fait mouvoir les ressorts. On les voit au travers de ma chair desséchée.

Et mes membres tremblants, décharnés, langoureux, Qu'on prendrait pour une ombre au sépulcre arrachée. Ne sont plus d'un vivant que le fantôme affreux.

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Similis factiis siim pelicano solitudinis; factus sum sicut nycticoriix in domicilio.

Je cherche la solitude comme le pélican; et les ténèbres comme le hibou (rni se retire dans son trou.

SONNET

Confus de faire voir ma langueur, ma faiblesse, Je fuis tous les regards à ma rencontre offerts; Et tel qu'un ])élican qui cherche les déserts. Solitaire, je vais y cacher ma tristesse.

Je n'ose me montrer dans l'ennui qui me presse. Comme ces vieux hiboux qui, de leurs trous couverts, Font de lugubres cris gémir les sombres airs. Et dérobent leurs yeux au soleil qui les blesse.

Des commerces humains, dont je suis rebuté,

Pour ne suivre que vous je me suis écarté;

C'est vous seul que j'attends au fond de ma retraite.

Vous savez quel abri vous pouvez m'accorder; Je le cherche partout, et mon cœur ne souhaite n'écImppcM' aux mortels que pour vous i^osséder.

Vîgiîavî et fadus siim siciit passer solitarius în tecto.

Je passe les nuits sans sommeil, et dès le matin je suis comme un triste passereau qui plaint sur un toit la perte de sa compagne.'

SONNET

Tant que durent les nuits, le souci me dévore; J'en compte sans sommeil les moments ennuyeux. Et je quitte mon lit avant que dans les cieux Les premières clartés nous ramènent l'aurore.

A peine à son abord je vois le jour éclore Qu'élevant jusqu'à vous et mon cœur et mes yeux, Je remplis de mes cris ces solitaires lieux Et presse le secours que ma douleur implore.

Comme le passereau, seul, percé de chagrin. Voltigeant sur le toit, y plaint dès le matin De sa tendre moitié l'absence qui l'afflige,

Ainsi, triste et privé du bien que j'ai perdu, Je me fonds en soupirs, et sa perte m'oblige A ne les point cesser qu'il ne me soit rendu.

Tota die exprobrabant mihi inimici mei ; et qui laudabant me adversiiin me jiirabant.

Tant que le jour dure, je H'eutends que les reproches et les injures de mes ennemis; et ceux qui feignent de me louer sont ceux qui conspirent pour me perdre.

SONNET

Mes puissants ennemis, fiers de leur avantage. Se plaisent d'insulter à mes cuisants malheurs; Et leur fiel médisant, pour comble de douleurs, D'opprobres insolents me couvre le visage.

Faible, qu'opposerais-je à leur superbe rage? Mon cœur soûlé d'affronts, outré de leurs fureurs. N'a recours qu'aux soupirs, ne s'arme que de pleurs. Et cède aux traîtres coups dont leur orgueil m'outrage.

Quand, comblé de trésors, dans la gloire élevé. Je possédais les biens dont vous m'avez privé. Les lâches m'encensaient d'une fausse louange.

Mais, déplorable effet du débris de mon sort! Je tombe, et les cruels, par un retour étrange. N'appliquent tous leurs soins qu'à conspirer ma morl.

Qiiid cincrem tamqiiam panem mnnducabam, et potum meum cum flctu misccbam.

Je mange la cendre avec mon pain, of les eanx n m ères ^de mes larmes se mêlent avec mon l>reuvage.

SONNET

Sachant que mes malheurs naissent de mon offense, Et que votre courroux m'en punit justement. Ma sincère douleur joint à mon châtiment Les austères rigueurs d'une humhle pénitence.

De mes jours abondants expiant la licence,

Je me couvre de cendre : elle est mon vêtement;

Je la mêle à mon pain, et de cet aliment

Je soutiens de mon corps la débile substance.

Les larmes que mes yeux répandent à vos pieds Et qu'en ont fait couler tant de maux essuyés, De leurs ruisseaux amers inondent mon visage.

Vous en voyez sur moi les torrents épanchés. Ma coupe en est remplie, elles font mon breuvage; Mais en puis-je verser assez pour mes péchés?

.[ /(icic inr rt iiulif/nafionis tiiœ ; (/nid clcvans ctlîisisfi me.

C'est l'état où me réduit le feu de votre colère, et cette juste indignation qui, après que vous m'aviez élevé, m'a renversé et brisé ])ar terre.

SONNET

Puis-je assez déplorer T horreur de ma misère? Puis-je assez, dans l'excès de mes vives douleurs, Ou pousser de sanglots, ou répandre de pleurs, Quand un Dieu contre moi fait tonner sa colère?

Mon crime a provoqué votre justice amère: De mon Juge indigné j'éprouve les fureurs. Et je ne dois, mon Dieu, mes funestes malheurs Qu'aux aveugles forfaits dont j'ai su vous déplaire.

Vous m'a\iez élevé dans un rang glorieux : Pourquoi d'un cœur ingrat, d'un cœur audacieux, Ai-je de votre bras irrité le tonnerre?

Mais à ce comble heureux ne m'aviez-vous porté Que pour me renverser et me briser par terre Avec plus de rigueur et de rapidité?

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D/es /77e/ 5ZC77/ umhra decîinaverunt d ego sicut fœiuim arui.

Mes jours passent comme l'ombre, et je suis devenu sec comme l'herbe abattue et brûlée par la chaleur du soleil.

SONNET

Dans cet accablement, ma déplorable vie S'écoule sans retour comme l'ombre qui fuit. Et se confond enfin dans le sein de la nuit. Quand du soleil baissé la carrière est finie.

A certain nombre d'ans notre course asservie A peu plus ou peu moins voit son terme réduit. Un instant nous la donne, un instant la détruit, Pour être de tourments ou de gloire suivie.

L'homme qui chaque jour fait un pas au tombeau Voit insensiblement consumer son flambeau. Son faible feu s'éteindre, et périr sa substance.

Et le corps à la fin, sans force et sans vertu, Sous le tranchant mortel tombe sans résistance Comme l'aride foin sous la faux abattu.

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Tu autem^ Domine^ in œternum permanes^ et nieniorialc tuum in gcncrationcm et generationem.

Mais pour vous, mon Dieu, vous êtes immuable dans votre éternité, et votre gloire infinie est célébrée clans la suite de toutes les générations.

SONNET

Mais si l'homme mortel n'a rien dans sa substance Qui ne soit le témoin de sa fragilité. Pour vous, mon Dieu, pour vous, dans votre éternité Vous possédez sans fin une immuable essence.

Votre vaste grandeur, votre auguste présence Remplit tout, contient tout par son immensité. Rien ne peut partager votre divinité, Rien ne peut limiter votre toute-puissance.

Le fidèle en vous seul a toujours espéré;

En tous temps, en tous lieux vous serez révéré.

Et l'homme à vous louer s'instruit de race en race.

Il vous doit et vous rend un éternel tribut; Vous êtes seul aussi dont l'infaillible 'grâce Peut remettre l'offense et donner le salut.

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Tu exsurgens misereberis Sion; quia tempus miscrendi ejus^ quia venii tempus.

Mais levez-vous, mon Dieu, et prenez compassion de votre peuple; n'est-il pas temps que votre miséricorde agisse? Oui, sans doute, il est temps.

SONNET

Levez-vous donc. Seigneur; que votre main puissante

Pour délivrer Sion descende à son secoiu's;

De ses afflictions lx>rnez enfin le cours,

Et qu'vm retour heureux remplisse notre attente.

Cette sainte cité qui fut si triomphante, Cette ville, autrefois vos plus chères amours, Pouvez-vous, ô mon Dieu, la voir languir toujours Sous le triste fardeau d'une chaîne pesante?

Ce temps si précieux qui nous est inconnu. Ce temps de liberté n'est-il donc point venu? Vous l'aviez tant promis à vos peuples fidèles!

Voyez-les prosternés et gémir à vos pieds.

Leurs tourments sont si durs, leurs peines si cruelles

Qu'il ne sera plus temps, si peu que vous tardiez.

Quoniam placuerunt servis tuis laj)ides ejus, et terrœ ejus miscrcbuntur.

Les ruines de Sioii sont encore l'objet de la tendresse de vos fidèles, et ils ne réfléchissent qu'avec douleur sur cette terre désolée.

SONNET

Jetez du haut du ciel une vue attentive Sur les restes affreux de nos puissants remparts; Vous y verrez nos murs brisés de toutes parts, Triste objet d'un-e plainte aussi juste que \ite.

Du Jourdain mis aux fers la déplorable rive Attire encor sur lui nos amoureux regards; Et nous poussons des vœux pour ces monceaux épars, Pour ces vastes débris d'une ville captive.

Une tendre pitié cause tous nos soupirs.

A rétablir ses murs nous bornons nos désirs,

Et c'est pour vous y rendre un éternel hommage.

Finissez donc, mon Dieu, des malheurs si cruels;

Tirez votre cité d'un honteux esclavage,

Et voyez par nos mains relever vos autels.

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Et timebunt gcntcs noincn tiium, Domine ; et omnes reges terrœ gloriam tuam.

Mais, Seigneur, si vous permettez son rétablissement, toutes les nations du monde craindront votre nom, et tous les rois révéreront votre gloire.

SONNET

Ouij votre cœur, sensible à notre amère plainte Jette sur ces remparts un regard de bonté. Et cet heureux retour si longtemps souhaité Va rétablir les murs de votre ville sainte.

Des fières nations l'insolence contrainte Plira sous votre bras justement redouté, Et toutes, adorant votre nom respecté, Changeront leur orgueil en salutaire crainte.

De votre peuple élu brisant les tristes fers,

Votre main se rendra terrible à l'univers;

Tous viendi'ont convertis vous rendre obéissance.

Et les rois, prosternés à vos pieds glorieux, Du Sauveur d'Israël révérant la jouissance, Trembleront à l'aspect d'un Dieu victorieux.

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Quid œdificavit Dominus Sioii; et uidebitur in gloriâ suâ.

Nous publierons que ce même Dieu qui avait bâti Siou a fait éclater sa gloire dans son rétablissement.

SONNET

C'est lui, s'écriront-ils, c'est ce Dieu redoutable Qui, relevant Sion et ses remparts détruits, Sur de tels fondements rétablit ses débris Qu'elle en est plus puissante et plus inébranlable.

Qu'il est grand, qu'il est juste et qu'il est adorable! Quelle tendre bonté pour ses peuples chéris! Sous l'ombre de son bras c'est lui qui les a pris Et qui les a tirés d'un joug insupportable.

Leurs murs sont rétablis, leurs champs leur sont rendus. Ils nont plus d'ennemis qui ne soient confondus; Ils remportent sur eux une pleine victoire.

C'est par ce coup d'éclat, c'est par cette faveur Que ce Dieu tout-puissant fait paraître sa gloire; C'est par là qu'on connaît qu'il est le seul Sauveur.

Respexil in orationcm humiliiim, et non sprcuit prccem corum.

Nous dirons qu'il a été sensible à riiumiiilé des pUiinles d'nn peuple afnii>é. et qu'il n'a point méprise ses prières.

SONNET

Qu'à ses pieds éternels un mortel s'humilie, Pour lui ses bras divins sont un asile heureux. P-ousse-t-il des soupirs? Il exauce ses vœux. Est-il chargé de fers? Sa bonté le délie.

Qu'on porte ses regards sur Sion rétablie, On veiTa par la fin de tant de maux affreux De sa tendre pitié l'effet miraculeux, Et que jamais en vain l'affligé ne le i)ric.

Qu'opprimé des pécheurs, un hinnble infortuné Voye (1) tout l'univers contre lui déchaîné; Que ses persécuteurs s'unissent pour sa perte.

Il prie, il se confie aux divines bontés : Lu porte de la grâce aussitôt est ouverte, Et ses gémissements ne sont point rebutés.

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