‹ Poèmes sacrés. [Edité] par l'abbé Joseph BonnetChapitre 13 sur 107 · Prononcez voi - i/e · texte numérisé non relu

Prononcez voi - i/e

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Scriluinfiir Invc in gcneratione altcrà, et popiilus qui crcabitur laudahii Dominuin.

Nos écrits en feront passer la mémoire à la postérité, et le iionveau peuple que vous formerez chantera éternellement vos louanaes.

SONNET

Oui, ce sera pour nous le plus doux des speciacles De voir l'arche rentrer dans la sainte cité, Quand vous aurez enfin par notre liberté Montré votre puissance et vaincu tant d obstacles.

Nous en consacrerons à jamais les miracles

Dans nos livres écrits pour la postérité;

Et nos fils y verront votre immense bonté

Par des traits qui seront pour eux autant d'oracles.

Ces fils dont vous serez un nouveau Créateur. Ces fils vous connaîtront pour leur Libérateur. De votre nom terrible ils publiront la gloire.

Et vous rendant partout un hommage éternel, Ils forceront enfin tous les mortels à croire Qu'il n'est point d'autre Dieu que le Dieu dlsraél

Psaiimt-i de la Pcnitence. 7

: Quia prospexit de excelso sancto suo ; Dominus de cœlo in terram aspexit.

Ils diront que du haut de votre trône vous avez jeté vos yeux sur nous; que du haut du ciel le Seigneur a regardé la terre.

SONNET

Assis dans la splendeur de son trône adorable, D'où son œil souverain gouverne les mortels, Sa clémence a baissé ses regards éternels Sur les accablements d'un peuple misérable.

Malgré tous nos forfaits, sa bonté favorable

N'a pu voir sans pitié nos supplices cruels,

Et quoiqu'ingrats sujets, quoiqu'enfants criminels,

Nous le trouvons encore à nos cris exorable.

Ces yeux lancés sur terre, et qu'il tourne sur nous, Ce ne sont plus ces yeux embrasés de courroux Dont la fureur tomba sur Sion confondue.

C'est d'un père attendri le regard plein d'amour. Qui, pour rendre à son fils sa grâce suspendue, Ne fait, les bras ouverts, qu'attendre son retour.

Ut audirct gcmitiis compeditorum ; ut solueret filios interemptorum.

Pour exaucer les gémissements de son peuple mis aux fers, et délivrer les enfants de ceux qui étaient destinés à la mort.

De ce cœur attendri les bontés souveraines Prennent notre défense aux yeux de l'univers; II nous entend gémir, chargés d'indignes fers, Et sait quel est le poids de nos cruelles chaînes.

Sa divine pitié, sensible à tant de peines, Va terminer les maux que nous avons soufferts, Et de nos ennemis détruisant les concerts, Il rendra contre nous leurs entreprises vaines.

Il rompra les cachots oti, déjà condamnés. On tient nos tristes corps à la mort destinés. Malgré tous leurs efforts, il nous rendra la vie.

Pour nous sauver, sa grâce est prête d'éclater

Et de montrer à tous que, quand il nous appuie.

Il n'est point d'ennemi qui soit à redouter.

^7 annuntient in Slon nomen Domini, et laiidcm cjns in Jérusalem.

Afin de les renvoyer clans Sion. pour y annoncer la grandeur du nom de Dieu, et publier ses louanges dans Jérusalem.

SONNET

Après un tel salut, quelle reconnaissance Peut de tant de bienfaits acquitter la grandeur? Vous verrez dans Sion ce peuple avec ardeur De votre nom terrible exalter la puissance.

Relevés par l'appui de votre grâce immense. Et d'un profond respect adorant leur Sauveur, Partout ils publiront tout ce qu'en leur faveur Pour biaiser leurs liens a fait votre clémence.

Leurs cantiques pieux, leurs célestes concerts. Porteront jusqu'au bout de ce vaste univers Dans la sainte cité vos louanges chantées.

En tous lieux, en tous temps, au pied de vos autels. Vous les verrez. Seigneur, sans cesse répétées, Et les cieux répondront à la voix des mortels.

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In convcniendo populos in uniim. et rcgcs ut scrviant Domino.

Et alors il rassemblera tous les peuples dans un seul corps, et tous les rois pour le servir.

SONNET

A vos oracles saints la terre un jour soiunise. Se dessillant les yeux, embrassera vos lois; Et de votre Envoyé l'infatigable voix Viendra porter partout la lumière promise.

Par ses puissants travaux cette terre conquise Des chaînes de l'enfer verra tomber le poids; Et d'un commun concert les peuples et les rois S'uniront dans un corps pour former votre Eglise.

Tous, avec, le vrai Fils qui rompra leurs liens.

Appelés par le Père au partage des biens.

Par un culte pieux vous rendi'ont leur hommage.

Et vous saurez enfin si bien les asservir

Que pour se conserver l'éternel héritage,

Tous ces peuples mettront leur gloire à vous servir.

-va, -tlaS'

Respondit ci in via virtutis siiœ : paucitateni dierum meoruin nuntia mihi.

Je prévois, mon Dieu, ce miracle de votre vertu, et voudrais en être le témoin; apprenez-moi donc combien j'ai encore de jours à vivre.

SONNET

Oui, Seigneur, votre grâce à mon esprit i)résente Veut bien me révéler ces saintes vérités; Et les tirant du fond de leurs obscurités, Vous me les confiez pour flatter mon attente.

Mais dans son zèle ardent mon cœur s'impatiente De savoir à quel temps enfin vous limitez Ce terme de nos maux, ces moments souhaités. Pourrai-je avant ma mort voir mon ardeur contente?

Malgré l'abattement où me met ma langueur, Je suis encore au temps où la jeune vigueur Peut promettre à mon corps quelque reste de vie.

Dites-moi donc, mon Dieu, vous qui comptez mes jours. Avant que dans les fers elle me soit ravie. De nos calamités bornerez-vous le cours?

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Ne revoces me in dimidio dieruin meorum; in generationem et (/cncrcitinncni anni tiiî.

Ne m'ôlez point la vie au milieu de ma course, vous, mon Dieu, dont l'existence est éternelle, et dont les années passent tous les siècles.

N'allez point, au milieu de ma triste carrière, Couper ma faible trame avant l'ouvrage fait. Vous voyez de mes vœux quel est le juste objet; Laissez-moi donc fournir ma course tout entière.

D'un peuple gémissant exaucez la prière; Par là, rendez le calme à mon cœur inquiet. Et faites que je puisse accomplir mon souhait. Avant que le trépas ait fermé ma paupière.

Immuable, éternel, dans votre infinité Votre immense grandeur n'a rien de limité. Et vous réglez nos jours par votre Providence.

Le temps est dans vos mains, mais il n'est point pour vous. De lui ne dépend point votre impassible essence, Et vous le répandez comme il vous plaît sur nous.

Initia tu. Domine, tcrrdni fiindasfi. et opcru nuinmun luarum sunt cœli.

C'est vous qui, dès le commencement, avez fondé la terre;, et les cieux sont l'ouvrage de vos mains.

SONNET

Eternelle Parole, Etre fécond et sage, Etre immense, sans fin et sans commencement. Lumière de lumière, égal Entendement, Dieu de Dieu, révéré par un égal hommage.

C'est vous qui, ix)ur bâtir à l'homme, votre image, Sur ce globe solide un vaste logement. Sur les fermes appuis d'un stable fondement En fîtes d'un seul mot le merveilleux ouvrage.

C'est vous qui, pour vous faire un trône glorieux.

Autour de cette terre élev^âtes les cieux.

Et semâtes leurs champs de flammes immortelles.

Cette terre livrée à l'orgueil des humains.

Et ces cieux réservés à vos anges fidèles,

Tout n'est-il pas, Seigneur, l'ouvrage de vos mains?

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Ipsi peribunt, tu aiitcin pcrmanes, ci oinnes siciit vestimentuni vctcrasccnt.

Ces cieux périront, et vous demeurerez immuable; ils vieilliront et s'useront comme un vêtement.

SONNET

De ce vaste univers Tadmirable structure, Par vos divines lois soumise au changement, Verra cesser un jour son juste mouvement, Et des temps limités borneront sa mesure.

Ces cieux, par vous formés de matière si pure. Ces globes attachés au brillant firmament, Tous s'useront enfin comme mi vieux vêtement. Et vous en changerez et Tordre et la nature.

Dun corps si bien réglé démontant les ressorts, Vous en dérangerez les merveilleux accords : C'est là qu'éclatera votre toute-puissance.

Tout est fait par vos mains ou fragile ou mortel Et vous êtes le seul, dans votre pure essence. Infini, permanent, immuable, éternel.

Et sicut opertorium mutabis eos et mutabuntur ; tu autem idem ipse es, et anni tui non déficient.

Vous les changerez comme un manteau; mais vous êtes toujours le même, et vos années ne finiront jamais.

SONNET

Oui, vous dérangerez cette vaste machine; Tout passera : le feu, l'air, et la terre, et l'eau; Ces lourds globes errants, ce merveilleux flambeau, Le chef-d'œuvre brillant de votre main divine;

Ce ciel si surprenant à l'œil qui l'examine, Ces astres si nombreux et dont l'ordre est si beau, Vous les changerez tous comme on change un manteau C'est à ce changement qu'aboutit leur ruine.

Mais pour vous, ô mon Dieu, dans votre éternité. D'aucun lieu, d'aucun temps vous n'êtes limité; Votre être est infini, tout-puissant, immuable.

Toujours le même Dieu sans aucun changement; D'une essence impassible, immense, inaltérable, Et qui n'a point de fin ni de commencement.

Filii scrvorum tiioniin hahitabunt^ et semen eorum in sœculum (lirigctiir.

Faites donc, mon Dieu, que les enfants de vos serviteurs soient rétablis dans Jérusalem, et que leur postérité y soit affermie dans tous les siècles.

SONNET

Faites donc, ô mon Dieu, que, tirés d'esclavage, Les fils de vos élus, les enfants d'Israël, Dans la sainte cité relèvent votre autel Et rentrent glorieux dans leur juste héritage.

Vous nous avez promis cet heureux avantage :

David doit voir son sang sur un trône éternel.

Il en reçut de vous le serment solennel;

Faites qu'un prompt retour envers nous vous dégage.

Après tant de malheur et tant d'affliction,

Remettez-nous enfin dans les murs de Sion;

Que nos fils dans ce lieu vous adorent, vous servent

Qu'il soit de votre peuple à jamais habité,

lit que, pour vous louer, vos bontés y conservent

Jusqu'à la fin des temps notre prospérité.

PRIÈRE

Dieu éternel, Créateur du ciel et de la terre, Etre tout-puissant qui tenez comme un grain de sable tout l'univers entre vos mains, et qui pouvez d'une parole faire rentrer dans le néant tout ce que votre parole en a tiré, ayez compassion de mon esclavage; jetez les yeux sur mon âme enchaînée dans les fers de son péché. Que votre oreille s'ouvre à mes cris. Mes jours s'évanouissent comme la fumée; mes os n'ont plus de force; mon cœur est dans une cruelle sécheresse. Votre pain céleste ne me nourrit plus (1), et la cendre et les larmes sont mes seuls aliments. Je vous cherche dans la solitude et ne vous trouve point; je gémis comme le passereau qui a perdu «jses amours. Ne m'aviez-vous élevé par tant de grâces que pour me précipiter et me briser? Prenez pitié de moi, mon Dieu; il est temps, et je péris si votre secours n'est prompt. Je regarde avec douleur les ruines de mon innocence détruite par le péché. Rétablissez-là, mon Dieu, pour votre gloire; faites voir que vous ne rejetez pas la prière d'un cœur humilié. Ecoutez mes gémissements. Je suis un homme mort : ressuscitez-moi, afin que j'annonce votre gloire, et permettez que je travaille à votre vigne jusqu'à la fin du jour, pour participer à la récompense promise à vcs fidèles.

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