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Quia persécutas est inimicus animam nieam; humiliavit in terra vitam meam.
Venez à mon secours, parce que mes ennemis me poursuivent pour m'ôter la vie; ils m'ont renversé par terre, et réduit mes jours à la dernière extrémité.
SONNET
Secourez-moi, mon Dieu; que votre bras m'appuie. La tempête est terrible, et je ne vois de port Que ce bras tout-puissant dont je fais mon support. Et qui seul peut sauver mon âme poursuivie.
Je me dérobe à peine aux j^érils que j'essuie; Mes nombreux ennemis ont conspiré ma mort, Ils me serrent de près, et contre leur effort Je cherche par ma fuite à garantir ma vie.
Ces fiers persécuteurs aux abois m'ont réduit; Mon trône est renversé, mon pouvoir est détruit; Ils tiennent sous leurs pieds ma gloire humiliée.
D'une aveugle fureur mon propre fils poussé Voit par d'ingrats sujets sa révolte appuyée; Et plus ce fils m'est cher, plus mon cœur est percé.
Collocavit me in obscuris sicut mortuos sœculi^ et anxiatus est super me spiritus meus; in me turbatum est cor meum.
Ils m'ont forcé de m'enterrer dans des cavernes obscures comme si j'étais mort au monde; mon esprit en est accablé d'angoisses, et mon cœur en est troublé.
SONNET
Sans appui, sans secours, et sans retraites sûres. Chassé de mon palais dont on s'est emparé, Pour me mettre à couvert, je me suis retiré Dans les réduits profonds des cavernes obscures.
Là, tel que sont les morts au fond des sépultures, Echappé de leurs mains, je me vois enterré, Et sens que de douleur mon esprit pénétré Est prêt à succomber sous des peines si dures.
Je languis, et je souffre en mon cœur agité Tout ce qu'on peut souffrir dans cette extrémité Et d'ennuis désolants et d'angoisses arnères.
Un trouble furieux s'est emparé de moi;
Et plus je réfléchis sur mes tristes misères.
Plus je me sens saisir et d'horreur et d'effroi.
Memor fui dierum antiquorum ; mcditatus sum in omnibus operibus tuis ; in factis manuum tuarum meditabar.
Je n'ai trouvé de consolation qu'en rappelant à ma mémoire les prodiges que vous avez tant de fois opérés en faveur de nos pères, et j'ai médité sur les miracles dont votre puissance s'est servie pour les sauver.
SONNET
Pour flatter mes tourments, ma mémoire rappelle Tant de bienfaits reçus, tant d'immenses faveurs Dont nos pères ont vii soulager leurs malheurs, Quand ils ont invoqué votre grâce éternelle.
Combien de fois ce peuple, à vos ordres rebelle, A-t-il d'un Dieu jaloux provoqué les fureurs? Et combien de secours accordés à leurs pleurs. Sitôt qu'il s'est montré plus soumis, plus fidèle!
Sans cesse je remets devant mes tristes j^eux
Ces solides bontés, ces retovn's gracieux,
Qui les ont tant de fois tirés de leurs abîmes.
Ces miracles nombreux rassurent mon espoir; Si je vous ai comme eux irrité par mes crimes, Avez-vous moins pour moi d'amour et de pouvoir?
Expandi inanus mcas ad te; anima mea sicut terra sine aquâ tibi.
J'ai élevé mes mains vers vous pour vous invoquer; et je vous ai présenté mon ame aussi aride qu'une terre qui n'a point d'eau.
SONNET
Au milieu de mes maux, cette flatteuse attente Suspend de mes ennuis Texcessive rigueur; J'étends vers vous mes mains, je vous ouvre mon cœur, Et pousse vers les cieux ma prière fervente.
Ces larmes, ces sanglots que ma douleur enfante. Et de mes yeux éteints la mortelle langueur De mes besoins pressants vous marquent la grandeur. Et soupirent après une grâce trop lente.
Ma faible âme, semblable à la terre sans eau, S'élevant jusqu'à vous du fond de mon tombeau, Présente à vos regards sa triste séclieressc.
Où sont donc vos torrents? Les avez-vous fermés? Ah! versez-en du moins, par pitié, par tendresse, Une goutte sur moi, Seigneur, si vous m'aimez.
Velociter exaudi me, Domine; defecit spiritus meus.
Hâtez-vous donc, mon Dieu, de m'exaucer; vous voyez que mon esprit tombe en défaillance.
SONNET
Serez-vous donc pour moi toujours inexorable? Vous ne répondez point à mes gémissements, Et l'excès rigoureux de mes cruels tourments Ne peut-il m' attirer un regard favorable?
Hâtez-vous, ô mon Dieu; que votre œil pitoyable Soit à la fin touché de mes abaissements. Si ce divin secours retarde plus longtemps. Vous me ven-ez périr sous le faix qui m'accable.
Sous ce pesant fardeau mon esprit abattu Succombe de faiblesse et languit sans vertu. Sa force l'abandonne, il tombe en défaillance.
L'homme sans votre bras peut-il se relever? Et de qui voulez-vous que je tire assistance. Si vous êtes le seul qui pouvez me sauver?
Non avertas faciem tuama me^ et similis ero descendentibus in lacum.
Ne détournez point de moi votre visage, si vous ne voulez que je sois semblable à un mort qui descend dans le tombeau
SONNET
Que je retrouve enfin de la gi'âce perdue Le trésor à mon cœur depuis longtemps caché, Que de mes tristes cris le vôtre soit touché, Et ne détournez poini de sur moi votre vue.
Souffrez que cette grâce à mes vœux soit rendue; Que votre œil sur le mien tendrement attaché Regarde le pécheur, et non pas le péché, Et ne me privez plus de votre aide attendue.
Si toujours, dans le feu de votre âpre courroux,
Vous appesantissez vos redoutables coups.
C'est donc en vain, Seigneur, que ma voix vous rappelle.
Sous mes maux rigoureux je succombe, et me meurs Comme ceux qui couverts d'une nuit éternelle Vont de l'affreux sépulcre habiter les horreurs.
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Auditaw fac mihi mane miscricordiam tiiam, quia in ie speravi.
Répandez sur moi dès le malin l'abondance de vos miséncordes; faites que j'en ressente les effets, puisque c'est en vous seul que j'espère.
SONNET
L'aurore dans les airs à peine renaissante Répand d'un faible jour les premières clartés, Qu'à vos pieds prosterné j'invoque vos bontés. Et pousse les élans de ma voix gémissante.
N'est-il pas temps, mon Dieu, que mon âme ressente Ces secours merveilleux que vous me promettez? Montrez-moi que mes cris sont enfin écoutés. Et versez dans mon cœur votre grâce puissante.
Soumis à vos décrets souverains, éternels, J'ai méprisé l'appui des fragiles mortels : Ils ne sont comme moi que faiblesse, impuissance.
Et quoique votre main niait fait sentir ses coups, Ccst en vous que j'ai mis toute mon espérance, Et je ne cherche point d'autre asile que vous.
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Notam fac mihi viam in qiiâ ambulcm, quia ad te leuavi anima m meam.
Enseignez-moi la route par laquelle je dois marcher, puisque vous êtes le seul que mon âme invoque.
SONNET
Que de sentiers trompeurs mènent au précipice Ceux que de faux appas ont de vous séparés! Que dans une ombre épaisse ils marchent égarés, Quand ils prennent pour guide ou l'erreur ou le vice!
Guidez-moi mieux, Seigneur : que votre main propice Me montre les chemins qu'elle m'a préparés. De vos divins rayons que mes pas éclairés Suivent uniquement votre droite justice.
Une fausse clarté nous entraîne au tombeau : Mais votre heureuse grâce est le brillant flambeau Dent la pure splendeur nous conduit à la vie.
Mon cœur pour l'invoquer est vers vous élevé;
Sur son puissant secours le fidèle se fie,
Et ce n'est que par lui qu'on peut être sauvé.
Psaumcb de la Pénitence, 9
Eripe me de inimicis meis^ Domine^ ad te confugi; doce me facere voluntatem tuam, quia Deus meus es tu.
Cest à vous, Seigneur, à qui j'ai recours; délivrez-moi de mes ennemis et enseignez-moi à faire votre volonté, parce que vous êtes mon Dieu.
SONNET
Pressé, persécuté par la jalouse envie Des ennemis nombreux dont je suis entouré Et d'un peuple insolent contre moi conjuré. Je vois par ces ingrats mon âme poursuivie.
Sauvez de leurs efforts les restes de ma vie : Dans mes calamités votre bras imploré Est contre leurs fureurs mon refuge assuré, Et c'est sur vos bontés que mon espoir s'appuie.
Mais lorsque je me plains de ces fiers ennemis, Ce n'est pas que mon cœur, à vos ordres soumis. De ses maux ne vous fasse un parfait sacrifice;
Faire ce qui vous plaît, c'est mon but, c'est mon vœu. Que votre volonté de tout point s'accomplisse : N'êtes-vous pas mon maître et mon unique Dieu?
S pull US luus bonus deducet me in terram rectam; propter nomcn tiium^ Domine, vivi/icabis me in œquitate tua.
Que votre Esprit-Saint me conduise par des routes droites dans Jérusalem; Seigneur, conservez ma vie pK)ur la gloire de votre nom, et par votre équité.
SONNET
Votre Esprit pur et saint, cet Esprit que j'adore, Ce souffle égal à vous dans voti'e éternité, Ce feu qui dans nos cœurs verse la vérité, Y sème les vertus, et les y fait éclore;
C'est lui, c'est cet Esprit, que je réclame encore, Qui me reconduira dans la sainte cité.
Moins pour me rétablir dans mon autorité Que pour glorifier votre nom que j'implore.
Puisque c'est vous, mon Dieu, qui m'avez établi, Que votre ouvrage en moi soit enfin accompli En conservant mes jours, soutenez votre gloire.
Que je vive, Seigneur, malgré mes ennemis; Et me donnant sur eux une entière victoire, Acquittez vos serments de ce qu'ils m'ont promis.
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Educes de tribulatione animani meam, et in misericordiâ tua dis perdes inimicos meos.
Tirez mon âme de ses afflictions et perdez mes ennemis, pour faire éclater sur moi votre miséricorde.
SONNET
Oui, j'entends a mon cœur votre grâce annoncée. Et vous êtes touché de mes vives douleurs; Votre invdncible bras va finir mes malheurs : Mes cris sont écoutés, ma prière exaucée.
Vous allez relever mon âme terrassée, Arrêter mes sanglots, sécher mes tristes pleurs, Et me faire sentir tout ce qu'a de douceurs Le souvenir heureux d'une peine passée.
Mais à me délivrer de ce terrible faix
Vous ne bornerez pas vos solides bienfaits;
Je vous verrai plus loin pousser votre clémence.
Et vos justes bontés, qui seront mes appuis.
Feront de votre bras éclater la puissance.
En mettant sous mes pieds mes ennemis détruits.
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Et perdes omnes qui tribulant animani meam, quoniam ego se r vus tuus su m.
Oui, Seigneur, vous détruirez tous ceux qui affligent mon âme, parce que je suis votre serviteur.
SONNET
Ingrats qui m'avez tant suscité de tempêtes. Et de tant de douleurs affligé votre Roi, Tremblez, traîtres sujets, sans honneur et sans foi; Du Dieu qui me soutient les vengeances sont prêtes.
Vous êtes tous perdus, perfides que vous êtes! Contre tous vos efforts l'Eternel est pour moi, C'est assez : rangez-vous promptement sous ma loi, Ou ses carreaux brûlants vont tomber sur vos têtes.
Vous lavez oublié quand vous m" avez trahi; Mais à ses ordres saints j'ai toujours obéi : Aussi me compte-t-il au rang de ses fidèles.
Quand j'invoquais ton nom, vous m'avez poursuivi. Je suis son serviteur, vous êtes des rebelles. Et quand il nous protège, il veut être servi.
PRIÈRE
Seigneur, vos promesses ont fait ma confiance; vous êtes véritable et vous êtes juste; ainsi vous écouterez ma prière. Exaucez-la^ mon Dieu; ne pensez à mes péchés que pour les ensevelir dans le sein de votre clémence. Vous me voyez dans le ccmble des afflictions; je suis comme un mort; mon esprit est rempli de troubles et d'angoisses, et j'aurais déjà succombé si je n'étais consolé par le souvenir de vos miséricordes. C'est, mon Dieu, ce qui me fait recoiu'ir à vous dans la sécheresse de mon âme. Elle est si grande que mon esprit tombe en défaillance si vous ne me donnez un prompt secours. Ah! Seigneur, si vous détournez de moi vos regards, je suis au tombeau. Je me prosterne devant vous dès le matin; votre miséricorde ne peut tromper mon espérance, Vous me voyez égaré de la route de mon salut; montrez-moi la voie que je dois suivre pour y rentrer. Vous êtes mon refuge : sauvez-moi de la violence de mes ennemis. Mais faites néanmoins. Seigneur, votre volonté et non pas la mienne. Que votre Esprit-Saint m'éclaire pour me conduire à mon salut. Taites-en le sujet de votre gloire; et puisque je suis votre serviteur, ne vous contentez pas de me tirer des liens de ma chair; mais détruisez si absolument en moi ce ver de concupiscence qui est le plus terrible de mes ennemis, qu'il ne puisse jamais renaître ni me surmonter.
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