Phèdre, 311 : Je n'ai pu soutenir %s larmes, tes combats
Et le brasier de ma colère S'est encore augmenté par mes réflexions.
J'ai parlé; mais, Seigneur, tu le pouvais entendre : Je ne murmurais point, t'adressant mon discours.
Mais je t'ai prié de m' apprendre Quel terme tu mettais au reste de mes jours?
Oui, Seigneur, apprends-moi le nombre des années Que tu m'as ordonné de couler ici-bas.
A quel temps les as-tu bornées, Et que m'en reste-t-il jusques à mon trépas?
C'est toi, puissant auteur de toute la nature (1), Qui limitas mes jours quand tu réglas les cieux.
Mais telle qu'en soit la mesure, Longue ou courte, ma vie est un rien à tes yeux.
Dans nos fragiles corps qu'est-ce donc que nous sommes? Une vaine vapeur qu'un petit vent détruit.
Que sont devant toi tous les hommes (2)? Une ombre qui se perd (3) dans le sein de la nuit (4).
L'homme passe à tes yeux ainsi que la chimère D'une image que forme un nuage roulant.
Que lui sert donc dans sa misère D'agiter pour un rien son esprit turbulent (5)?
1. Ihid., 197 : Vous offensez les dieux, auteurs de votre vie.
2. lyhigéyiie, 1464 : Que peuvent devant vous tous les faibles humains?
3. Fhèdre, 13 : Où l'on voit l'Achéron se perdre chez les moiis.