Prononcez fui-yent
2. Qu'un Ange envoyé de Dieu les suive et les serre de près. — Sacy : Et que l'Ange du Seigneur soit attaché à les poursuivre.
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Mais tu verras, ô Dieu qui remplis mes désirs,
Mon âme ti'essaillir de joie;
Et je goûterai les plaisirs Du salut glorieux que ta bonté m'envoie,
Tous mes os, sous la chair dont ils sont revêtus, Te diront, ô Maître adorable, Qu'en gloire, en puissance, en vertu.
Rien dans tout l'univers n'est à toi comparable (1).
C'est toi qui des efforts d'un ennemi puissant Sauves le faible qu'on opprime; Toi qui délivres l'innocent
De tant d'avides mains dont il est la victime.
Des témoins corrompus et d'un cœur endurci
Ont attaqué mon innocence;
Par eux je me suis vu noirci De choses dont jamais je n'eus de connaissance (2;.
Ceux même que j'avais comblés de mes bienfaits, Les premiers m'ont livré la guerre; En vain j'en attendais la paix :
Mon âme n'a semé qu'en une ingrate terre.
Mais bien loin que mon cœur s'emportât de courroux Contre leur injuste malice.
1. 0 mon Dieu, qui est-ce qui peut se comparer à vous? — Latin Domiîie, qiuis similis tibif — Sacy : Seigneur, qui vous est semblable.
2. Ils m'ont accusé de clioses dont je n'avais pas la moindre connaissance. - Sacy : Ils m'ont interrogé sur des (Aoses que je ne connaissais pas.
Je ne me vengeais de leurs coups Qu'en me revêtissant moi-même du ciliée (1).
Dans un jeûne constant ma pieuse douleur
Sans cesse humiliait mon âme;
Et je poussais du fond du cœur Une ardente prière et des soupirs de flâme (2).
Je les aimais encor ces ingi'ats, ces pécheurs, De l'amour dont on aime un frère (3); Et toujours baigné dans mes pleurs,
D'un cœur humble et contrit je portais ma misère.
Réjouis de mes maux, ces traîtres en secret Ont fait un complot pour ma perte; Sans que j'en susse le sujet.
De mille coups cruels j'ai vu ma chair ouverte.
Tu les a terrassés, mais leur âme jamais
De remords ne fut pénétrée;
Leurs langues m'ont lancé leurs traits, Et dans leurs grincements leur rage s'est montrée.
Quand donc veux-tu, Seigneur, jeter sur moi les yeux,
Pour dissiper tant de malices?
Sauve des lions furieux Une âme qui de toi fait ses seules délices.
1. Bossuet a dit de même : On parle en soi-même un langage humain et on revêtit sa pensée de paroles. (Cité par Littré au mot revêtir).
2. Voir l'Introduction grammaticale au Lexique de Racine, p. GXXXVII.
3. Je les aimais comme j'aurais aimé mon meilleur ami et mon propre frère. — Sacy : J'avais pour chacun d'eux de la complaisance comme pour un proche et pour un frère.
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Pour publier les biens dont tu m'auras comblé,
Je verrai ton Eglise unie;
Aux yeux de ton peuple assemblé Je loûrai ta puissance et ta force infinie.
Ne laisse point, Seigneur, prévaloir contre moi
Ces ennemis qui me haïssent;
Ces trompeurs, ces hommes sans foi, Qui me flattent de l'œil, et du cœur me trahissent.
A les ouïr parler, il n'est rien de plus doux : Ce n'est que paix en apparence.
Mais pleins d'un terrestre courroux.
Ils ne pensent au fond qu'à fourber l'innocence.
Ils ont ouvert sur moi, prêts à me dévorer. De leurs gosiers l'affreux abîme.
Va, va, tu ne peux t'en tirer,
M'ont-ils dit, l'on t'a vu; nous connaissons ton crime.
Ah! Seigneur, tu le sais, si je suis criminel;
Oui, tu le sais : romps le silence.
N'abandonne pas un mortel Qui dans ton bras divin met toute sa défense.
Viens donc pour me prêter le secours que j'attends, Et toi-même rends-toi mon Juge; Soutiens ma cause et me défends,
0 mon Dieu, mon Seigneur, et mon premier refuge.
Oui, juge-moi. Seigneur, selon ton équité.
Toi qui m'as fait ta créature;
De ceux dont je ^uis insulté Ne laisse point sur moi triompher l'imposture.
Qu'ils ne me viennent point, d'un cœur dur et sans foi,
Ni mépriser, ni faire outrage;
Qu'ils ne disent jamais de moi :
Nous l'avons dévoré, sa mort est notre ouvrage.
Couvre d'opprobres ceux qui causent mon tourment.
Et dans le cœur s'en réjouissent;
Ceux qui m'accusent faussement, Confonds-les, ô mon Dieu, que de honte ils rougissent.
Redouble les plaisirs et comble les souhaits
De ceux qui me rendent justice;
Ceux qui me désirent la paix, Qu'on louant ta puissance, ils te rendent propice.
Et moi, que tes bontés au port auront conduit.
Je publîrai partout ta gloire;
Et loûrai le jour et la nuit La puissance d'un Dieu dont j'attends la victoire.