I.H SACKIC l)i; l'AKIS
Nourrice des grands niorus et des vivants célèbres,
Vénérable aux siècles jaloux, Hst-ce toi qui gémis ainsi dans les ténèbres
Ht la lace sur les genoux?
Vois! La horde au poil fauve assiège tes murailles!
Vil troupeau de sang altéré.
De la sainte patrie ils mangent les entrailles,
Ils bavent sur le sol sacré!
Tous les loups d'outre-Rhin ont m^êlé leurs espèces
Vandale, Germain et Teuton, Ils sont tous \h, hurlant de leurs gueules épaisses
Sous la lanière et le bâton.
Ils brûlent la forêt, rasent la citadelle, Changent les villes en charnier;
Et l'essaim des corbeaux retourne à tire d'aile, Pour être venu le dernier.
O Paris, qu'attends-tu? la famine ou la honte?
Furieuse et cheveux épars, Sous l'aiguillon du sang qui dans ton cœur remonte
Va ! bondis hors de tes remparts !
Enfonce cette tourbe horrible où tu te rues, Frappe, redouble, saigne, mords!
Vide sur eux palais, maisons, temples et rues : Que les mourants vengent les morts !
Non, non! tu ne dois pas tomber. Ville sacrée,
Comme une victime à l'autel; Non, non, non ! tu ne peux finir, désespérée,
Que par un combat immortel.
Sur le noir escalier des bastions qu'éventre
Le choc rugissant des boulets, Lutte! et rugis aussi, lionne au fond de l'anlre,
Dans la masure et le palais.
i.i; sACKi; 1)1 iAKis. r V)
Dans k- i.";U!clt)iir plein de cri', et de liunéc,
Sur le toit, \\\\x et le clocher, Alhinic pour mourir l'auréole eiinaininée
De rinoubliabic bûclicr.
Consume tes erreurs, le/ïautes, tes ivresses,
A jamais, dans ce feu si beau.
Pour qu'immortellement, Paris, tu te redresses,
Impérissable, du tombeau;
Pour que l'homme futur, ébloui dans ses veilles,
Par ton sublime souvenir, Raconte à d'autres cieux tes antiques merveilles
Que rien ne pourra plus ternir;
Et, saluant ton nom, adorant ton génie.
Quand il faudra rompre des fers.
Offre ta libre gloire et ta grande agonie
Comme un exemple à l'univers.
Janvier 1871.