‹ Poèmes tragiquesChapitre 29 sur 69 · A UN POETE MORT · texte numérisé non relu

A UN POETE MORT

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Toi, dont les yeux erraient, altérés de lumière, De la couleur divine au contour immortel Et de la chair vivante ci la splendeur du ciel! Dors en paix dans la nuit qui scelle ta paupière.

Voir, entendre, sentir? Vent, fumée et poussière. Aimer? La coupe d'or ne contient que du fiel. Comme un Dieu plein d'ennui qui déserte l'autel, Rentre et disperse -toi dans l'immense matière.

Sur ton muet sépulcre et tes os consumés Qii'un autre verse ou non les pleurs accoutumés. Que ton siècle banal t'oublie ou te renomme;

Moi, je t'envie, au tond du tombeau calme et noir,

D'être affranchi de vivre et de ne plus savoir

La honte de penser et l'horreur d'être un homme !

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