‹ Poèmes tragiquesChapitre 49 sur 69 · I.I-: ItOMANCi; l>\: IIONA lil.ANCA. IJI · texte numérisé non relu

I.I-: ItOMANCi; l>\: IIONA lil.ANCA. IJI

Voici roriiic. 'l'ii iulikIs sa place. Agis, sois prompt. Tu diras qu'elle était nuilade, et qu'elle est morte. Sinon, je te fais mettre en quatre, à chaque porte De la ville, où corbeaux et chiens te mangeront.

Écoute. D'une {lart, or, fief, chevalerie Et ma faveur; de l'autre, une hache, un billot. Et la mise en quartiers. Choisis. Quel est ton loi? Songe pourtant qu'il tant celer cette tuerie.

Ni lutte, ni cris. Point de vestige îianglant Q.ui puisse après la mort apparaître sur elle. Qu'elle semble finir d'une mort naturelle. En proie à quelque mal sans remède et très lent !

As-tu compris? Réponds. — Ce m'est un jour de fête.

Sire! J'obéirai, dit le rude massier. —

Certe, h voir ce poil fauve et cet œil carnassier,

Le Roi ne doute pas que ce soit chose faite.

Pendant que le Perez chevauche allègrement Vers son crime, au grand trot du genêt qu'il active, De châteaux en donjons depuis dix ans captive, La jeune Reine pleure et plaint son long tourment.

Ortiz, qui la gardait, noble de race et d'âme, L'a quittée. Un grand mal lentement la détruit, Dit-on. Perez, un soir, dans son retrait, sans bruit, Entre : — Le Roi le veut, il faut mourir, Madame.

-Jésus! Ne puis-je au moins confesser mes péchés? Faites venir un clerc tonsuré qui m'envoie Au Paradis, après ma douloureuse voie.

— Confessez- vous à Dieu, Madame, et dépêchez !

— O douce France! ô cher pays où je suis née! Jamais plus, ô beau ciel, ne te verront mes yeux! O royale Maison des princes mes aïeux.

Dès mon aube pourquoi t' avoir abandonnée !

Que t'ai-je fait, Castille, et d'où vient mon malheur Que mes seize ans n'ont pu t'attendrir et te plaire ? Mais, hélas! par un vent de haine et de colère Ma rapide jeunesse est fauchée en sa fleur!

Pourtant, je n'ai failli d'acte ni de pensée Envers ce Roi cruel qui me veut tant de mal. Épouse, et vierge encor, comme au jour baptismal, O Jésus! je descends dans la terre glacée.

Et vous, Rayons vivants de l'éternel Flambeau, Anges du Paradis, qui brûlez de saints zèles. Dans la paix et l'amour emportez sur vos ailes Mon âme immaculée au sortir du tombeau !

Maintenant, Dieu m'assiste! Achève ma misère. Ami! Je te pardonne, ainsi que je le dois. — Alors, le meurtrier féroce, des dix doigts Prend le col délicat, frêle et doux, et le serre.

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l'iiis, il cloi les yeux bleus voilés tie l(;n^s cils d'or, Dispose la figure au p.'ilc lys pareille, lu, livitlc, iniK't, lurtil, prctaiil l'oreille, Disparaît dans le noir et profond corridor.

Telle, à Xere/, linit Dona Blanca de France, Dès le berceau vouée au royal assassin; Dieu, qui peut tout, ayant, dans un secret dessein, Hnipli son peu de jours d'angoisse et de souffrance.

Mais le Diable, qui sait que son homme est à point, Pousse déjà, du haut des blanches Pyrénées, Les Routiers dévalant par bandes forcenées. Et le Bâtard, la haine au cœur et dague au poing.

Mi

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