‹ Poèmes tragiquesChapitre 56 sur 69 · KASANDRA, TALTHYBIOS, EURYBATÈS · texte numérisé non relu

KASANDRA, TALTHYBIOS, EURYBATÈS

Le Chœuh des Vieillards, Femmes

DE KlYTAIMNESTRA.

Viens, Kasandra! Sans doute il est pesant et rude Le joug du sort contraire et de la servitude; Mais tu tombes aux mains de maîtres bons et doux Qiii prendront ta misère en pitié. Viens, suis-nous.

Kasandra reste immobile.

TALTHYBIOS

Femme, entends-tu?

EURÏBATÈS.

La Reine, ô femme, t'a nommée.

KLYTAIMNESTRA

Elle reste muette et comme inanimée.

Je n'ai pas le loisir d'attendre, Esclave ! Viens ! Les brebis, près du feu, bêlent dans leurs liens; Les taureaux, couronnés des saintes bandelettes. Vont mugir, en tirant leurs langues violettes; L'orge se mêle au sel, le miel au vin pourpré; Le parfum brûle et fume, et le couteau sacré Près des vases d'argent reluit hors de la gaine.

Kasandra reste ùnmobile.

Cette femme en démence a les yeux pleins de haine D'une bête sauvage et haletante encor.

Va! nous te forgerons un frein d'ivoire et d'or, Fille des Rois ! un frein qui convienne à ta bouche. Et que tu souilleras d'une écume farouche!

Elle entre dans le palais, suivie de ses femmes. Kasandra est restée immobile.

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