I.F.S r-KINNYHS
M.YIAIMNI'STK A .
Mon (ils est mort, tais-t(ji ! 'l'ii milles
OKESTÈS.
'l'u m'as porté dans tes entrailles.
Tel que les Dieux et toi l'avez fait, tel qu'il est, Reconnais ton enfimt. C'est moi. J'ai bu ton lait, J'ai dormi sur ton sein, et je t'ai dit : << Ma mère! » O souvenirs, 6 jours de ma joie éphémère! lît toi, tu souriais, m'appelant par mon nom!
KLVTAl.MKESTKA.
Dirais-tu vrai, grands Dieux!
OKESTÈS .
N'approche pas, sinon Je te tuerai, sans plus parler ni plus attendre. Écoute ton fils, mère irréprochable et tendre! Sans respect pour le sang des héros dont je sors. Tu m'as tout pris, mon nom, mon peuple, mes trésors, La liberté qui fait la moitié de notre âme ! Oui! pour mieux accomplir l'abominable trame, Tu m'as vendu, tu m'as, loin du royal berceau. Dans la fange, ô fureur! jeté comme un pourceau! J'ai ployé sous les coups, j'ai sué sous l'outrage. J'ai troublé l'air du ciel de mes longs cris de rage. J'ai maudit la lumière, et l'Ombre, et les Dieux sourds.
Et j'ai cent ans, n'ayant vécu que peu de jours!
Mais qu'importe! Ceci n'est rien. Mes pleurs, ma honte,
Et ta haine, et mes maux dont j'ignore le compte,
Et l'endurcissement à ton cœur familier,
Je te pardonne tout, et veux tout oublier.
Ta tête m'est sacrée en ma propre querelle;
Mais l'expiation d'un grand crime est sur elle!
Tu mourras pour cela. Les temps sont révolus.
KLYTAIMNESTRA
On ne peut pas tuer sa mère !
ORESTÈS
Tu n'es plus
Ma mère. C'est un Spectre effrayant qui t'accuse Et qui te juge. Toi, tu te nommes la ruse, La trahison, le meurtre et l'adultère. Il faut Que tu meures ! Un Dieu me fait signe d'en haut. Et mon père, du fond de l'Hadès, me regarde Fixement, irrité que ia vengeance tarde. Mais, avant de tomber sanglante sous ma main, Parle, apaise l'époux égorgé dans le bain; Car, sur le sable blême où roule le noir Fleuve, Il attend à l'affût son odieuse veuve !
KLYTAIMNESTRA
Respecte, mon enfant, le sein qui t'a nourri!