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Villanelle
Une nuit noire, par un Calme, sous l'Equateur.
Le Temps, l'Étendue et le Nombre Sont tombés du noir firmament Dans la mer immobile et sombre.
Suaire de silence et d'ombre,
La nuit efface absolument
Le Temps, l'Étendue et le Nombre.
Tel qu'un lourd et muet décombre, L'Esprit plonge au vide dormant, Dans la mer immobile et sombre.
En lui-même, avec lui, tout sombre, Souvenir, rêve, sentiment.
Le Temps, l'Étendue et le Nombre, Dans la mer immobile et sombre.
sous L'ÉPAIS SYCOMORE
Soi/s J\'pais Sycomore
Sous l'cpais sycomore, ô vierge, où tu sommeilles, Dans le jardin fleuri, tiède et silencieux, Pour goûter la saveur de tes lèvres vermeilles Un papillon d'azur vers toi descend des cieux.
C'est l'heure où le soleil blanchit les vastes cieux Et fend l'écorce d'or des grenades vermeilles. Le divin vagabond de l'air silencieux Se pose sur ta bouche, ô vierge, et tu sommeilles!
Aussi doux que la soie où, rose, tu sommeilles, Il t'eflîeure de son baiser silencieux.
Crains le bleu papillon, l'amant des fleurs vermeilles, Qui boit toute leur âme et s'en retourne aux cieux.
Tu souris! Un beau rêve est descendu des cieux, Qui, dans le bercement de ses ailes vermeilles, Éveillant le désir encor silencieux, Te fait un paradis de l'ombre où tu sommeilles.
Le papillon Amour, tandis que tu sommeilles, Tout brûlant de l'ardeur du jour silencieux, Va t'éblouir, liélas! de visions vermeilles Q.ui s'évanouiront dans le désert des cieux.
Éveille, éveille-toi! L'ardent éclat des cieux Flétrirait moins ta joue aux nuances vermeilles Que le désir ton cœur chaste et silencieux Sous l'épais sycomore, ô vierge, où tu sommeilles !