‹ PoésieChapitre 100 sur 274 · Adieu. Dieu. V. II, 3 j-26 (note · texte numérisé non relu

Adieu. Dieu. V. II, 3 j-26 (note

6. D'un martyr. Ce « marlvr » n'est autre qu'Elvire. Par une liconra assez hardie, le mol cslemplovô au iiiasciilin. comme s'il n'avait p;is de féminin en franrais. Il faut d'ailleurs l'enlendre au sens très afTaihli de : personne qui éprou\c de grandes souffrances. — On peut rapiirochcr les ma»rulins u vengeur » applique à la Liberté personnifiée (XVHI, j6) et H libérateur n appliqué à la Mort (IV, i3).

i3 et suivants. Lamartine n'avait pas vu Elvirc à son lit do mort ; tnais il l'avait vue inanimée, un jour qu'elle faillit se noyer dans Je lac du Hourgel, C'est sans doute ce souvenir qu'il a évoqué ici. (if. ftaphaêl,

i&. Frappés : marqué», empreint*.

Li: CHUC.IFIX. 83

Le vent qui caressait sa (tMe ('clieveiriO

Me montrait tour à tour ou nio voilait ses I rails,

Comme l'on voit flotter sui' un blanc mausulre

L'ombre des noirs cyprès. jo

Un de ses bras pendait de la funèbre coucbe ; L'autre, languissamment replié sur son cœur, Semblait chercher encore et presser sur sa bouche L'image du Sauveur.

Ses lèvres s'entr'ouvraient pour l'embrasser encore ; ati

Mais son âme avait lui dans ce divin baiser, (iomme un léger parfum que la llamme dévore Avant de l'embraser.

Maintenant tout dormait sur sa bouche glacée, Le souftle se taisait dans son sein endormi, 3o

Et sur l'œil sans regard la paupière all'aissée Retombait à demi.

Et nioi, debout, saisi d'une terreur secrète, Je n'osais m'approcher de ce reste adoré, (^omme si du trépas la majesté muette 3b

L'eût déjà consacré.

Je n'osais!... Mais le prêtre entendit mon silence, Et, de ses doigts glacés prenant le crucifix : « Yoilà le souvenir, et voilà l'espérance :

Emportez-les, mon fds ! » 60

Oui, tu me resteras, ô funèbre héritage ! Sept fois, depuis ce jour, l'arbre que j'ai planté Sur sa tombe sans nom a changé de feuillage: Tu ne m'as pas quille.

a6. Dans ce baiser : au milieu de ce baiser. Le baiser est demeuré inachevé par suite de la fuite de l'àmc.

2'j-28. Entendez : comme le léger parfum d'un encens que la chaleur du feu volatilise sans l'avoir embrasé. Il y a quelque confusion dans l'expression, « parfum » désignant à la fois la fumée aromatique qui s"échap[)e de l'encens et l'encens lui-même.

ti2. Sept fois. Nouvelle inexactitude, qui va jusqu'à l'invraisemblance, puisque le Crucifix fut composé, d'après le Commentaire de Lamartine, un *n seulement aprc» la mort d'Ehire. On p«ut supposer que celte strophe

Placé près de ce cœur, liclas ! où tout s'cfïace, 4'->

Tu l'as contre le temps défendu de l'oubli, Va mes veux goutte à goutte ont imprimé leur trace Sur l'ivoire amolli.

O dernier confident de l'âme qui s'envole, \ iens, reste sur jnon cœur! parle encore, et dis-moi 5o

Ce qu'elle te disait i|uand sa faible parole IS'arrivait plus qu'à toi ;

A celte heure douteuse où l'âme recueillie, Se cachant sous le ^oile épaissi sur nos veux, Hors de nos sens glacés j)as à pas se leplie, f)3

Sourde aux derniers adieux ;

Alors qu'entre la vie et la mort incertaine. Comme un fruit par son poids détaché du rameau, Noire âme est suspendue et tremble à chaque haleine

Sur la nuit du tombeau ; 60

Quand des chants, des sanglots la confuse harmonie ÎS'évcille déjà plus notre espiit endormi, Aux lèvres du mourant collé dans l'agonie, Comme un dernier ami :

Pour édaircir l'horreur de cet étroit passage, G5

Pour relever vers Dieu son regard abattu. Divin consolateur, dont nous baisons l'image. Réponds, que lui dis-tu ?

Tu sais, lu sais mourir! et les larmes divines, Dans cette nuit terrible où tu prias en vain, 70

De l'olivier sacré baignèrent les racines Du soir jusqu'au matin.

(ou ce vers) provient iliine relonclio piihlériciire ; mais le recueil des Secondes Médilations ne parut lui-uiètuc que iix ans après révénenoent. V. l'ar- • i^unient.

Page 1