Hors de nos sens: Imrs du corps, siège de nos sens
70. Tu prias en vnin. A Cîollisémani, au pied du uiont des Oliviers (Évangiles de saint Mulliieu. Wl, 30, de saint Marc, XIV, '62, de saint Luc, A.\II, 3y et. suiN auls).
ADIEUX A LA POIÎSIE 80
De la croix, où ton œil sonda ce grand mystère, Tu vis ta inè-re en pleurs et la nature en deuil ; Tu laissas comme nous tes amis sur la terre, -j't
Et ton corps au cercueil !
Au nom de cette mort, que ma faiblesse o])fienne De rendre sur ton sein ce douloureux soupir: Quand mon heure tiendra, souviens-loi de la tienne,
0 toi cpii sais mourir ! ?o
Je cliorclierai la place où sa Louclie expirante Exhala sur les pieds l'in'évocable adieu, Et son âme viendra guider mon âme errante Au sein du même Dieu.
Ah ! puisse, puisse alors sur ma funèbre couche, Sd
Triste et calme à la fois, comme un ange éplorc. Une figure en deuil recueillir sur ma bouche L'héritas:e sacré !
Soutiens ses derniers pas, charme sa dernière heure ; El, gage consacré d'espérance et d'amour, ,j,,
De celui qui s'éloigne à celui qui demeure Passe ainsi tour à tour,
Juscpi'au jour où, des morts perçant la voûte sombre, Une voix dans le ciel, les appelant sept fois, Ensemble éveillera ceux qui dorment à l'ombre (jS
De l'éternelle croix I
XVIT ADIEUX A LA POESTE
(f J'étais sinci-re quand j '('-cri vis cos adioiix à la poJsi^... So no complais j)liis rien écrire en vers, ou du moins plus rien imprimer. Les
t3. Où : sur Laquelle. V. I, 4 i (noie).
87. Recueillir sur ma bouche. Reprise evpressive des termes de la première stropLe. On peut du reste comparer, pour les expressions et les rimes, l'en» seuiLlti de ces deux strophes (v, 8i-8!i) aux Etropiies i (v. 1-/4) et 6 (v. ai«
Iiasards de la pciiséi! cl dti cœur, les sentimciils, les circonstances, les honliciirs, les larmes de la vie, m'ont fait mentir souvent ù ces udicux. )) (^Comincnlalre des Adieux à la poésie.) D'après la Cormpuiulance de i.amarliiic (t. H, p. i44). c'est en i8ao, à Ts'aples, où il était atlaclii; à la li'f^ation de France et trop absorlic par la conl'eclion des dépi't lies (iipluinatiipH's pour faire des vers, (pi'il «'crivil telle uicditaliun ; il ra]ipi-ll<^ « une odiila. du style d'Horace ». Dans l'édition de iSj3, c'était la di'rnlère pièce du recueil.
Il est une lioiire do silence
Oi'i la solitiuio o:îl san.s voix,
Où tout doif, nu'ine l'espérance;
Uù nul zéphyr ne se Ijalauce
Sous l'ombre immobile des bois. 6
Il est un nge où de la lyi'ft
L'Ame aussi semble s'endormir.
Où du poétique délire
Le soulUe barmonieux expire
Dans le sein cpi'il l'aisail IVéïuir. lo
L'oiseau qui charmo le bocai^e,
Hélas ! ne chante pas toujours :
A midi caché sous l'ombrage,
H n'enchante de son ramage
Que l'aube et le déclin des jours, »5
Adieu donc, adieu, voici l'heure,
Lyre aux soupirs mélodietix !
En vain ù la main f[ui l'eÛleure
Ta libre encor réponil et pleure:
Voici l'heure de nos adieux. ao
Reçois celle larme rebelle
Que mes yeux ne peuvent cacher.
Combien sur la corde fidèle '
Mon âme, hélas! en versa-t-elle.
Que tes soupirs n'ont pu sécher I i5
Toiilnars, jours. V. II, a 5- aO (note).
ADIEUX A LA POÉblE ^''
Sur celte terre infortunée,
Où tous les yeux versent des pleur»,
Toujours de cyprès couronnée,
La lyre ne nous fut donnée
Que pour endormir nos douleurs. Ho
Tout ce qui chante ne répôle
Que des regrets ou des désirs ; ^"
Du bonheur la corde est muelle;
De Philomcle et du poète
Les plus doux chants sont dos sou[)iis. 35
Dans l'ombre auprès d'un mausolée,
0 Ivre, ta suivis mes pas ;
Et, des doux festins exilée,
Jamais ta voix ne s'est mêlée
Aux chants des heureux d'ici-bas. So
IViuhio aux saules de la rive,
Libre comme l'oiseau des bois, •
On n'a point vu ma main craintive
T'atlaclicr, comme une captive.
Aux portes des palais des rois. 45
Des partis l'haleine glacée
Ne t'inspira pas tour à tour; i,.
Aussi chaste r[uc la pensée,
Nul soulîlc ne l'a caressée.
Hormis le souiïlc de l'Amour. 5o
En f[uclquc lieu (|u'un sort sévèie
Fit plier mon front sous ses lois,
(rràce à loi, mon âme étrangère
A trouvé partout sur la terre
Un céleste ctho de sa voix. 55
33. Cf. Commenlairc du C!ia"t d'amour (^Secondes Méditations, XXIV). a (La poésie) n'a jamais su csp.'mcr lo bonheur comme elle exprime la douleur, sans doute parce que le boabs.ir est un secret que Dieu a réservé au ciel; et que l'homme, au contraire, connaît la douleur dans toute son intensité. »