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LA GRÈCE

Reconnaît en pleurant son antique beauté,

Et la nature au moins, par le temps rajeunie,

Y triomphe de l'homme et de la tyrannie.

C'est toujours le pays du soleil et des dieux ;

Ses monts dressent encor leurs sommets dans les cieux, ao

Et, noyant les contours de leur cime azurée,

Semblent encor nager dans une onde éthérée'

Ses coteaux, abaissant leurs cintres inclinés,

Par l'arbre de Minerve à demi couronnés,

Expirent par degrés sur la plage sonore a5

Où Syrinx sur les flots semble gémir encore ;

Et, présentant aux yeux leurs penchants escarpés.

Du soleil tour à tour selon l'heure frappés,

Au mouvement du jour qui chasse l'ombre obscure,

Paraissent ondoyer en vagues de verdure. 3o

Là, l'histoire et la fable ont seiné leurs grands noms

Sur des débris sacrés, sur les mers, sur les monts.

Ce sommet, c'est le Pinde ; et ce fleuve est Alphée !

Chaque pierre a son nom, chaque écueil son trophée ;

Chaque flot a sa voix, chaque site a son dieu ; 35

Une ombre du passé plane sur chaque lieu.

variés de la nature... Ton ciel est toujours aussi beau, et tes rochers toujours aussi sauvages ; tes bocages sont aussi frais, tes plaines aussi verdoyantes. Tes olives mûrissent comme au temps où tu voyais Minerve te sourire... Apollon n'a p:is cesse de dorer de ses rayons tes longs étés... Les arts, la liberté passent, mais la nature est toujours belle. » (Har., II, lxxxv et suiv.).

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