PENSÉE DES MORTS
Cette pipce paraît avoir été écrite en Italie, en 1837 ; c'e^ît proTiablrment clic que Lamartine avait d'abord intitulée De ProJ'undis (v. Correspondance, t. III, p. 5i).
Voilà les feuilles sans scYe
Qui tombent sur le gazon ;
Voilà le vent qui s'élève
Et gémit dans le vallon ;
Voilà l'errante hirondelle 6
Qui rase du bout de l'aile
L'eau dormante des marais ;
Voilà l'enfant des chaumières
Oui glane sur les bruyères
Le bois tombe des forêts. 10
L'onde n'a plus le murmure
Dont elle enchantait les bois ;
Sous des rameaux sans verdure
Les oiseaux n'ont plus de voix ;
Le soir est près de l'aurore ; i5
L'astre à peine vient d'éclore
Qu'il va terminer son tour ;
Il jette par intervalle
Une lueur, clarté pâle
Qu'on appelle encore un jour. ao
L'aube n'a plus de zéphire Sous ses nuages dorés ; La pourpre du soir expire Sur les flots décolorés ;