‹ PoésieChapitre 134 sur 274 · PENSÉE DES MORTS · texte numérisé non relu

PENSÉE DES MORTS

Cette pipce paraît avoir été écrite en Italie, en 1837 ; c'e^ît proTiablrment clic que Lamartine avait d'abord intitulée De ProJ'undis (v. Correspondance, t. III, p. 5i).

Voilà les feuilles sans scYe

Qui tombent sur le gazon ;

Voilà le vent qui s'élève

Et gémit dans le vallon ;

Voilà l'errante hirondelle 6

Qui rase du bout de l'aile

L'eau dormante des marais ;

Voilà l'enfant des chaumières

Oui glane sur les bruyères

Le bois tombe des forêts. 10

L'onde n'a plus le murmure

Dont elle enchantait les bois ;

Sous des rameaux sans verdure

Les oiseaux n'ont plus de voix ;

Le soir est près de l'aurore ; i5

L'astre à peine vient d'éclore

Qu'il va terminer son tour ;

Il jette par intervalle

Une lueur, clarté pâle

Qu'on appelle encore un jour. ao

L'aube n'a plus de zéphire Sous ses nuages dorés ; La pourpre du soir expire Sur les flots décolorés ;

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