‹ PoésieChapitre 141 sur 274 · L'OCCIDENT · texte numérisé non relu

L'OCCIDENT

Et l'aslrc qui toinhail do nuago en nuage &

Suspoiulail sur les llols un orbe sans rayon, Puis plongeait la moitié de sa sanglante image, Comme un navire en l'eu qui soml)re à l'iiorizon;

Et la moitié du ciel pâlissait, et la brise

Défaillait dans la voile, immobile et sans voix, la

Et les ombres couraient, et sous leur teinte grise

Tout sur le ciel et l'eau s'efîaçait à la fois ;

Et dans mon âme, aussi pâlissant à mesure, '

Tous les bruits d'ici-bas tombaient avec le jour, Et quelque chose en moi, comme dans la nature, i5

Pleurait, priait, souffrait, bénissait tour h tour.

Et, vers l'occident seul, vinc porte éclatante

Laissait voir la lumière à flots d'or ondoyer,

Et la nue empourprée imitait une lente

Qui voile sans l'éteindre un immense foyer; 20

Et les ombres, les vents, et les flots de l'abîme, Vers ceÛe arche de feu tout paraissait courir, Comme si la nature et tout ce qui l'anime En perdant la lumière avait craint de mourir.

La poussière du soir y volait de la terre, a5

L'écume à blancs flocons sur la vague y flottait; Et mon regard long, triste, errant, involontaire, Les suivait, et de pleurs sans chagrin s'humectait.

Et tout disparaissait; et mon âme oppressée

Restait vide et pareille à l'horizon couvert ; Su

Et puis il s'élevait une seule pensée.

Comme une pyramide au milieu du désert.

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