‹ PoésieChapitre 142 sur 274 · Image : aspect, apparence · texte numérisé non relu

Image : aspect, apparence

12. Tout ce déb\it est à opposer au début de V Hymne du malin (ci-dessns, XXIII), où sont décrits au contraire le lever du soleil et le ré\eil dus choses.

2G. Flollait. Construit comme un verbe de mouvoment : voguait en flottant.

ag-Sa. Cf. Chateaubriand, liené : a Une haute colonne se montrait seule

lAV (RTiNt:. — rni «ifc.

0 lumière ! où vas-tu? Globe épuisé de flamme, Nuages, aquilons, vagues, où courez-vous? Poussière, écume, nuit; vous, mes yeux; loi, mon âme, Ditc^, si vous savez, où donc allons-nous tous?

A loi, grand Tout, dont l'aslre est la pâle étincelle,

En qui la nuit, le jour, l'esprit vont aboutir!

Flux et reflux divin de vie universelle,

Vaste océan de l'htre où tout va s'engloutir!... 60

« J'ai roulé des milliers de fois cette pensée dans mes yeux et dans mon esprit, en regardant du haut d'un promontoire ou du pont d'un vaisseau le soloil se couclier sur la mer, et plus encore en vovant l'armée des étoiles commencer, sous un beau firmament, sa revue et ses évolutions devant Dieu. Quand on pense que le télescope d'Herschel a compté déjà plus de cinq millions d'ûtoiles ; que chacune de ces étoiles est un monde plus grand et plus important que ce globe de la terre ; que ces cinq millions de mondes ne sont que les bords de ci'lle création ; que, si nous parvenions sur le plus éloigné, nous apercevrions de là d'autres abîmes d'espace infini comblés d'autres mondes incalculables, et que ce voyage durerait des myriades de siècles, sans que nous pussions atteindre jamais les limites entre le néant et Dieu, on ne compte plus, on ne chante plus; on reste frappé de vertige et de silence, on adore, et l'on se tait. « (Coinmenlaire de Lamartine.)

La date de la composition est inconnue.

C'est une nuit d'été ; nuit dont les vastes ailes Font jaillir dans l'azur des milliers d'élincelles; Qui, ravivant le ciel comme un miroir terni, Permet à l'œil charmé d'en sonder l'infini ;

debout dans un désert, comme une grande pensée s'élève, par inlervallps. dans iineàme que le temps et le malheur ont éprouvée. » C'est à peu prè» la même comparaison, intervertie.

'6ti. Aquilons. V. 1, 52 (note).

37. Grand Tout. V. IX, /|6 cl Ui note. — Laslre: le soleil. V. Vlll, -/S (note).

Nuit où le firmament, dépouillé de nuages, 5

De ce livre de feu rouvre toutes les pages :

Sur le dernier sommet des monts, d'où le regard

Dans un double horizon se répand au hasard.

Je m'assieds en silence, et laisse ma pensée

Flotter comme une mer où lu lune est bercée. lo

L'harmonieux éther, dans ses vagues d'azur,

Enveloppe les monts d'un lluide plus pur;

Leurs contours qu'il éteint, leurs cimes qu'il efTacc,

Semblent nager dans l'air et trembler dans l'espace,

Comme on voit jusqu'au fond d'une mer en repos i5

L'ombre de son rivage onduler sous les flots.

Sous ce jour sans rayon, plus serein qu'une aurore,

A l'œil contemplatif la terre semble éclore ;

Elle déroule au loin ses horizons divers

Où se joua la main qui sculpta l'univers. ao

Là, semblable à la vague, une colline ondule;

Là le coteau poursuit le coteau qui recule.

Et le vallon, voilé de verdoyants rideaux,

Se creuse comme un lit pour l'ombre et pour les eaux ;

Ici s'étend la plaine, où, comme sur la grève, sS

La vague des épis s'abaisse et se relève ;

Là, pareil au serpent dont les nœuds sont rompus.

Le lleuve, renouant ses flots interrompus.

Trace à son cours d'argent des méandres sans nombre,

Se perd sous la colline et reparaît dans l'ombre; 3o

Comme un nuage noir, les profondes forêts

D'une tache grisâtre ombragent les guérets,

Et plus loin, où la plage en croissant se reploie,

Où le regard confus dans les vapeurs se noie,

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