‹ PoésieChapitre 148 sur 274 · I.a pondre des sillons, qui pour lui n'est qu'iin jeu · texte numérisé non relu

I.a pondre des sillons, qui pour lui n'est qu'iin jeu

Et sur le germe éteint où couve encor la sève i5

En laisse retomber un peu.

Le printemps, de sa tiède ondée,

L'arrose comme avec la main :

Cette poussière est fécondée,

Et la vie y circule enfin. ao

La vie ! A ce seul mot tout œil, toute pensée, S'inclinent confondus et n'osent pénétrer; Au seuil do l'infini c'est la borne placée, Où la sage ignorance et l'audace insensée

Se rencontrent pour adorer ! 25

Il vit, ce géant des collines ;

Mais, avant de paraître au jour.

Il se creuse avec ses racines

Des fondements comme une tour.

Il sait quelle lutte s'apprête, 3o

Et qu'il doit contre la tempête

Chercher sous la terre un appui ;

Il sait que l'ouragan sonore

L'attend au jour... ou, s'il l'ignore,

Quelcju'un du moins le sait pour lui. 25

Ainsi quand le jeune navire

Où s'élancent les matelots,

Avant d'alTronter son empire,

Veut s'apprivoiser sur les flots.

Laissant filer son vaste câble, 4û

Son ancre va chercher le sable

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