‹ PoésieChapitre 156 sur 274 · Cf. X.XII, I · texte numérisé non relu

Cf. X.XII, I

l3-l4, 33-34. Jtars, ttujours. Sti-Sg. Confondre, fondre. V. II, 35-36 (noio),

ÉTERNITÉ DE LA NATURE l4o

Plus oraçeux (luo les nuages,

Plus lumineux qu'un lirinanicnl !

Pendant que les enq)ires naissent, a5

Grandissent, tombent, disparaissent

Avec leurs générations,

Dresse tes bouillonnantes crêtes,

Bats ta rive, et dis aux tempêtes :

« Où sont les nids des nations ? » 3..

Toi qui n'es pas lasse d'éclorc

Depuis la naissance des jours,

Lève- toi, rayonnante aurore,

Couche-toi, lève-toi toujours !

Réfléchissez ses feux sublimes, 35

Neiges éclatantes des cimes.

Où le jour descend comme un roi !

Brillez, brillez pour me confondre,

Vous qu'un rayon du jour peut fondre,

Vous subsisterez plus que moi I So

Et loi qui t'abaisse et l'élève

Comme la poudre des chemins,

Comme les vagues sur la grève,

Race innombrable des humains,

Survis au temps qui me consume, Ii'j

Engloulis-moi dans ton écume:

Je sens moi-même mon néant.

Dans ton sein qu'est-ce qu'une vie ?

Ce qu'est une goutte de pluie

Dans les bassins de l'Océan. 5o

Vous mourez pour renaître encore, -■ •

Vous fourmillez dans vos sillons ;

Un souffle du soir à l'aurore

Renouvelle vos tourbillons ;

Une existence évanouie 55

Ne fait pas baisser d'une vie

lii. Abaisse, élève, pour abaisses, élèves. V. XV, 3i-33 (noie).

116 iiarmomils poétiques et religieuses

Le flot de l'èlre toujours plein ;

Il ne vous niaiK[nc, quand j'cxplrc,

Pas plus qu'à l'hoinmc qui respire

IS'e manque un souffle de son sein. 60

Vous allez balayer ma cendre :

L'homme ou l'inseclc en renaîtra.

Mon nom brûlant de se répandre

Dans le nom commun se perdra.

Il fut ! voilà tout. Bientôt même 6'-.

L'oubli couvre ce mot suprême,

Un siècle ou deux l'auront vaincu ;

Mais vous ne pouvez, ô Jialiue,

Eiïacer une créature.

Je meurs ; qu'importe ? j'ai vécu ! 70

Dieu m'a vu ! le re2;ard de vie

S'est abaisse sur mon néant ;

Votre existence rajeunie ,

A des siècles, j'eus mon instant !

Mais, dans la minute ([iii passe, 76

L'infini de temps et d'espace

Dans mon regard s'est répété.

Et j'ai vu dans ce point de l'être

La même image m'apparaîtrc

Que vous dans votre immensité 1 ' Po

Distances incommensurables.

Abîmes des monls et des cicux,

Vos mystères inépuisables

Se so'nt révélés à mes yeux :

J'ai roulé dans mes voeux sublimes ea

Plus de vagues que tes abîmes

N'en roulent, ô mer en courroux !

Et vous, soleils aux yeux de llanime,

Le regard brûlant de mon âme

S'est élevé plus haut que vous 1 90

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