Bords. V. IV, 6 (note
lOQ. Une aire. Sujet sans verbe. Il y a une sorte d'anacolnlho : la j)hrasfl, rouiinencéc nornialcmcnt (un puits cache son eau), se poursuit, à partir d'ici, par une simple cnumcration (une aire, ... des instruments rustiques, des jougs, des chars, des essieux, des socs). — L'argile étendue : la terre battue.
116. Rayons. Les rayons de la roue, restés allachcs à l'essieu.
1 17. Sa prison. L'horizon borne qui emprisonne le regard.
MILLY OU LA TliUlli: NAIALE Ijii
Où le vieillard, assis au seuil de sa demeure, ''
Dans sou Ijcrceau de jonc endort l'enfaul qui pleure;
Enfin un sol sans ombre et des cieux sans couleur,
Et des vallons sans onde ! — Et c'est là qu'est mon cœur !
Ce sont là les séjours, les sites, les rivages.
Dont mon âme attendrie évoque les images, i.'i
Et dont pendant les nuits mes songes les plus beaux
Pour enchanter mes yeux composent leurs tableaux !
Là chaque heure du jour, chaque aspect des montagnes,
Chaque son qui le soir s'élève des campagnes,
Chaque mois cjui revrent, comme un pas des saisons, i3
Reverdir ou faner les bois ou les gazons,
La lune qui décroît ou s'arrondit dans l'ombre.
L'étoile qui gravit sur la colline sombre.
Les troupeaux des hauts lieux chassés par les frimas,
Des coteaux aux vallons descendant pas à pas, li
Le vent, l'épine en fleur, l'herbe verte ou flétrie,
Le soc dans le sillon, l'onde dans la prairie,
Tout m'y parle une langue aux intimes accents.
Dont les mots, entendus dans l'àme et dans les sens,
Sont des bruits, des parfums, des foudres, des orages, l't
Des rochers, des torrents, et ces douces images.
Et ces vieux souvenirs dormant au fond de nous,
Qu'un site nous conserve et qu'il nous rend plus doux.
Là mon cœur en tout lieu se retrouve lui-même ;
Tout s'y souvient de moi, tout m'y connaît, tout m'aime, ij
Mon œil trouve un ami dans tout cet horizan.
Chaque arbre a son histoire et chaque pierre un nom.
Qu'importe que ce nom, comme Thcbe ou Palmyre,
Ne nous rappelle pas les fastes d'un empire, ,
ia5. Où. C'est-à-dire: abris où.
]S8. Gravit. V. XV. 32 1 et la note.
i48. Qu'un site nous conserve: que nous retrouvons ou qui se r.ivivcnt pour nous en face d'un paysage.
iô3. Tlièbe (pour TLèbes). Ville de k Haute-Egypte, capitale de l'empire égyptien dans la période où il eut le plus d'éclat, sous les rois de la onzième ^ la vingtième djnastie. Sa grandeur était proverbiale dans l'antiquité ; se?
ioi HARMONIES POÉTIQUES ET RELIGIEUSES
Le sang humain versé pour le choix des tyrans, i55
Ou ces tléanx de Dieu que l'homme appelle grands 1
Ce sile où la pensée a rattaché sa trame,
Ces lieux encor tout pleins dos fastes de notre âme,
Sont aussi grands pour nous que ces champs du destin
Où naquit, où tomija quelque empire incertain : iGo
Rien n'est vil ! rien nest grand ! l'àme en est la mesure.
Un cœur palpite au nom de quelque humble masure,
Et sous les monuments des héros et des dieux
Le pasteur passe.ct siffle en détournant les yeux.
Voilà le banc rustique où s'assevait mon père, i6'>
La salle où résonnait sa voix mâle et sévi-re.
Quand les pasteurs, assis sur leurs socs renversés,
Lui comptaient les sillons par cha([ue heure tracés,
Ou qu'encor palpitant des scènes de sa gloire,
De l'échafaud des rois il nous disait l'histoire, 170
Et, plein du grand combat qu'il avait combattu,
En racontant sa vie enseignait la vertu.
^ ollà la place vide où ma mère, à toute heure.
Au plus léger soupir sortait de sa demeure,
Et, nous faisant porter ou la laine ou le pain, 173
Yètissait l'indigence ou nourrissait la faim ;
Voilà les toits de chaume où sa main attentive
niinos sont gigantesque'. — Palmyrc. Ville célèbre, située dans une oasis du désert qui sépare la Syrie de l'Arabie. C'est la Tadnior de la Bible, dont la fondation reniontcrait ù Salonion. Palmyre fut an m' siècle après J.-C. la ca|iitale de la fameuse reine Zénobie. Il en reste des ruines imposantes. i55. Pour te choix des lyrans. Iléniistiche de Corneille :
Romains contre Romains, parents contre parents, Combattaient seulement pour le choix des tyrans.
(Cinna, a. I, se. ni).