L'accord: le son. Cf. I, 16 (note
a3&. Nos barques de roseaux. Ce sont des jouets iinproviséi.
MILLY OU LA TERRE NATALE l.")"
Suivre le jour qui meurt de mes derniers regards.
Tout est cncor debout; tout renaît à sa place;
De nos pas sur le sable on suit encor la trace; a"^'^
Kien ne manque à ces lieux qu'un cœur pour en jouir :
Mais hélas I l'heure baisse et va s'évanouir.
La -vie a dispersé, comme l'épi sur l'aire,
Loin du champ paternel les enfants et la mère,
Et ce foyer chéri ressemble aux nids déserts a35
D'où l'hirondelle a fui pendant de longs hivers.
Déjà l'herbe qui croît sur les dalles antiques
Ettace autour des murs les sentiers domestiques,
Et le lierre, iloltant comme un manteau de deuil,
Couvre à demi la porte et rampe sur le seuil ; 34o
Bientôt peut-être... Écarte, ô mon Dieu, ce présage!
Bientôt un étranger, inconnu du village,
Viendra, l'or à la main, s'emparer de ces lieux
Qu'habite encor pour nous l'ombre de nos aïeux.
Et d'où nos souvenirs des berceaux et des tombes a 45
S'enfuiront à sa voix, comme un nid de colombes
Dont la hache a fauché l'arbre dans les forêts,
Et qui ne savent plus où se poser après 1
Ne permets pas. Seigneur, ce deuil et cet outrage! Ne souffre pas, mon Dieu, que notre humble héritage aSo Passe de mains en mains troqué contre un vil prix, Comme le toit du vice ou le champ des proscrits ;
328. De mes derniers regards. Entendez : jusqu'à ce qu'il échappât à mes regards.
229. Tout renaît. Tous nos souvenirs renaissent à la vue des lieux auxquels ils sont attachés, et qtii n'ont pas changé.
282. L'heure baisse. C'est déjà le crépuscule de notre vie, et la nuit approche.
28/4. Les enfants. Les sœurs de Lamartine se sont mariées, deux sont mortes: M"" de Vignet en février iSsd, M"" de Montherot eu août do la même année.
2^1. Ce présage devait se réaliser, mais beaucoup plus tard : Lamartine ne vendit Milly que sous l'Empire ^Mémoires politiques, XXII, vui).