‹ PoésieChapitre 191 sur 274 · Aux bords. V. IV, 6 (notej · texte numérisé non relu

Aux bords. V. IV, 6 (notej

ISÙ JOCEl.YN

Précipités du ciel sur le rocher qui fume,

Jelaifnt jusqu'à mon front leurs cris et leur écume;

Quand les troncs des sapins tremblaient comme un roseau

Et secouaient leur neige où planait le corbeau,

Et qu'un brouillard glacé, rasant ces pics sauvages, sa

Comme un fils de Morven me vètissait d'orages,

Si, quelque éclair soudain déchirant le brouillard,

Le soleil ravivé me lançait un regard

Et d'un rayon mouillé, qui lutte et qui s'elface,

Éclairait sous mes pieds l'abîme de l'espace, 3o

Tous mes sens exaltés par l'air pur des hauts lieux,

Par cette solitude et cette nuit des cieux,

Par ces sourds roulements des pins sous la Icmprle,

Par ces frimas glacés qui blanchissaient ma tète.

Montaient mon âme au ton d'un sonore instrument 35

Qui ne rendait qu'extase et que ravissement ;

Et mon cœur à l'étroit battait dans ma poitrine,

Et mes larmes tombaient d'une source divine,

El je prêtais l'oreille et je tendais les bras.

Et comme un insensé je marchais à grands pas, 4o

El je croyais saisir dans l'ombre du nuage

L'ombre de Jéhovah qui passa il dans l'orage,

Et je crovais dans l'air entendre en longs échos

Sa voix que la tempête emportait au chaos ;

Et de joie et d'amour noyé par chaque porc, i5

Pour mieux voir la nature et mieux m'y fondre encore,

aï. Leurs cris. Cf. v. 20 : hurlant d'iiorrenr. Le torrent dovicnt une espèce de monstre formidable, qui se lirise fantastiquement au fi)nJ dos précipices.

ati. 0(1: au-dessus de laquelle. V. I. ^i (noie).

23. Ces pics. Le texte porte: ses pics, qui n'offre aucun sens.

aG. Morven (pu Morvern ;= mont noir; cf. le Morvan franç.iis). Presqu'île montagneuse de 1 Ecosse, dans le comté d'Argyle. — ]'ctissail, pour vêlait. V. WVII , 58 (note).

27. Eclair, métaphoriquement, pour lueur. Ce sont les « échappées da ■oleil » du passage des Conjidences cité note i3.

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