‹ PoésieChapitre 194 sur 274 · Ses impalpables ailes. V. VIII, 3i (note · texte numérisé non relu

Ses impalpables ailes. V. VIII, 3i (note

117. Lamartine seul était c.ipablc de peindre d'une manière aussi pittoresque et aussi saisissante le vertige de l'extase mystique. — Cf. Confidences, VI, IV : « J'ai peint dans Jocelyn, sous le nom d'un personnage imaginaire, ce que j'ai éprouvé moi-môme de chaleur d'àmo conlcnuc, d'enthousiasme pieux répandu en élancements de pensées, en cpanchements et en larmes d'adoration devant Dieu, pendant ces brûlantes années d'adolescence, clans

une maison religieuse (le collège de Bellay) Je vivrais mille ans que jo

n'oTihlierais pas certaines heures du soir où, m'échappant pendant la récréation des élèves jouant dans la cour, j'entrais par une petite porte secrète dans l'église déjà assombrie par la nuit, et à peine éclairée au fond du chœur par la lampe suspendue du sanctuaire; je me cachais sous l'ombre plus épaisse d'un pilier; je m'enveloppais tout entier de mon manteau comme dans un linceul ; j'appuyais mon front contre le marbre froid d'une balustrade, et, plongé, pendant des minutes que je ne comptais plus, dans «ne muette mais intarissable adoration, je ne sentais plus la terre sous mes genoux ou sous mes pieds, et je m'abimais en Dieu, comme l'atome flottant dans la chaleur d'un jour d'été s'élève, se noie, se perd dans l'atmosphère, et, devenu transparent comme l'éther, paraît aussi aérien que l'air lui-même et aussi lumineux que la lumière ' *

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