L'apôtre : le prèlre
107. Holocauste : sacrifice complet. Au propre, l'holocauste ct.iit, chez les Hébreux, ua sacrifice où la victime était entièrement consumée par le fuu.
Et, quand l'esprit de force aura coulé sur vous,
Je vais, pécheur, mourant, tomber à vos genoux,
Et recevoir de vous dans le saint sacrifice
Le pain du viatique et le vin du supplice.
Recevez du martyr l'auguste sacrement, ii5
Mourez pour que Dieu vive... — 0 mon père, un moment!
Lui dis-je en repoussant du front le sacré signe.
Arrêtez, arrêtez ; tremblez, j'en suis indigne!
Mon âme est à mon Dieu, mon sang est à ma foi ;
Mais mes jours profanes, ils ne sont plus à moi, 120
Et Dieu n'exige pas que je lui sacrifie
Deux morts dans une mort, deux cœurs dans une vie. »
Son œil sonda le mien, et son front s'obscurcit.
Alors, balbutiant, je lui fis le récit
De ces deux ans passés loin de lui, de ma fuite, us
De cette enfant par Dieu dans mon désert conduite,
De son triste abandon, de ma tendre pitié,
De cet amour longtemps couvé sous l'amitié.
De ces habits trompeurs qui, me cachant la femme,
A la séduction apprivoisaient mon âme, i3o
De ce secret fatal et découvert trop tard.
De nos serments donnés, de mon furtif départ.
De sa mort qui suivrait au même instant la mienne,
Si j'arrachais ainsi cette main de la sienne,
Si, même au prix du ciel, d'un mot j'allais tromper l'ô
Ce cœur que du poignard mieux eût valu frapper.
Je me tus : dans ses traits indignés je crus lire
Tantôt l'horreur, tantôt un dédaigneux sourire.
« Ainsi donc, mon enfant, voilà ce grand secret
Dont tout autre cju'un père en l'écoutant rirait; lio
Voilà dans quel honteux et ridicule piège
L'esprit trompeur poussait vos pas au sacrilège.
ii/i. Supplice {nu sens du latin suppliciurn) : mort violente, ialligée coininc «hâtiment. Cf. plus bas, v. 217 et aS-. ii5. Du martyr : c'est-à-dire de moi.