Du front le sacré signe. Inversion un peu rude
12a. Deux morts : celle de Laurence avec la mienne. V. v. i33. is6. Désert. V. I, 34 (note).
lia. Construction anormale : poussait est pris au sens propre avec l'un (Je ses compléments (dans quel piège), au figuré avec l'autre (au sacrilège).
Insensé! bénissez ce hasard de ma mort,
Qui vous prend sur l'abime et vous arrête au bord.
Que l'esprit tentateur, prêt à vous y conduire, i45
Connaissait bien ce coeur qu'il avait à séduire !
Quand il ne peut au crime entraîner nos élus,
11 les y mène aussi, mon fils, par leurs vertus.
Ah! brisez son embûche et rougissez de honte.
Quoi! ce rêve d'une âme à s'enflammer trop prompte i5o
Pour un enfant jeté par hasard sous vos pas.
Ce trouble d'un coeur pur qui ne se connaît pas,
D'un périlleux amour cette amitié prélude.
Mauvais fruit du loisir et de la solitude ;
Ces élans, ces soupirs, ces serrements de main, i55
Que le vent de la vie emportera demain ;
Ces jeux de deux enfants loin des yeux de leurs mères,
Qui prennent pour amour leurs naïves chimères,
Risible enfantillage et des sens et du cœur :
Voilà ce qui du ciel en vous serait vainqueur ? i6o
Voilà pour quel appât, voilà pour quelle cause
Vous trahiriez le vœu que ce temps vous impose?
Vous laisseriez ma mort sans secours, sans adieu.
Le temple sans ministre, et le monde sans Dieu.»'
Je ne me doutais pas que, dans ces jours sinistres i65
Où l'autel est lavé du sang de ses ministres.
Pendant que des cachots chacun d'eux comme moi
S'élance à l'échafaud pour confesser sa foi.
Pendant que l'univers avec horreur admire
La bataille de sang du juge et du martyre, 170
Attendant, pour savoir à quoi fixer son cœur.
Des bourreaux ou de nous qui restera vainqueur;
Je ne me doutais pas qu'un des soldats du temple,
Du lévite autrefois la lumière et l'exemple.
Au grand combat de Dieu refusant son secours, i^5
Amollissait son âme à de folles amours,