ÉPISODE
La Chule d'un Ange nous est présentée par le poète comme un autre fragment de l'énorme épopée inachevée dont Jocelyn faisait partie. Ce nouvel « épisode » — qui n'a pas moins de douze mille vers — aurait pris place presque en tète du poème entier : il lui aurait servi d' (f introduction ».
La Chute d'un Ange nous fait en effet remonter aux temps fabuleux des premières générations humaines, telles que les représentent les légendes religieuses. L'auteur a voulu y peindre ce l'état de dégradation et d'avilissement où l'humanité était tombée après cet état primitif, presque parfait, que toutes les traditions sacrées lui attribuent à son origine «. Aux brutes impies et sanguinaires' de Babel il a opposé Cédar, l'ange déchu, qui leur résiste longtemps et périt enfin leur victime : « Les angoisses d'un esprit céleste incarné par sa faute au milieu do cette société brutale et perverse oià l'idée de Dieu s'était éclipsée, et où le sensualisme le plus abject s'était substitué à toute spirilualisation et à toute adoration », voilà, déclare-t-il, son sujet. Il l'a traité avec une ampleur qui va jusqu'à la surabondance, dans des proportions colossales. Le style de cette immense improvisation est, d'ailleurs, souvent négligé.
Nous sommes mal renseignés sur les sources de la Chute d'un Ange. Le siijet, de pure imagination, paraît avoir été en très grande partie forgé par Lamartine. — L'ou^Tage est divisé en quinze « visions », précédées d'vui « récit » qui sert de prologue et suivies d'un court « épilogue ».