‹ PoésieChapitre 230 sur 274 · TROISIÈME VISION · texte numérisé non relu

TROISIÈME VISION

LA TRIBU .\OMADE

Cédar, le héros du poème, est un ange qui, par amour pour une mortelle, s'est transformé en homme. Cette chute est irréparable. Dès lors s'ouvre pour lui une longue série de tribulations, auxquelles Daïdha, celle qu'il aime, est associée.

L'ange tombé est d'abord esclave de la tribu nomade dont Daïdha faitpartie.Nous suivons cette tribu des sommets du Liban, qu'elle quitte pour échapper à la poursuite des géants chasseurs d'hommes, jusqu'aux bords de l'Oronte, ovi elle retourne s'établir.

Et les pasteurs, chantant le signal des départs,

Rassemblaient les troupeaux dans les herbes épars :

C'était la chèvre errante aux flancs des précipices,

L'onagre patient, les fécondes génisses,

La brebis dont la laine amollit le repos.

Le chien qui veille l'homme et commande aux troupeaux,

L'éléphant presque humain, les plaintives chamelles

Qui laissent les enfants épuiser leurs mamelles,

Et les oiseaux privés, dont le chant entendu

Avertit l'homme à jeun du fruit qu'ils ont pondu ;

Attirés par l'instinct des amitiés humaines,

Ils suivaient la tribu sur les mnnts, dans les plaines,

Comme si le désir de la société

Eût compensé pour eux même la liberté 1

C'étaient des amitiés lointaines, inconnues :

Le cygne, en escadron, suivait du haut des nues ;

L'hirondelle, quittant les rebords du roclicr.

Venait, de halte en halte, aux tentes se percher.

Page 1