Supporte. Sur l'emploi du présent, v. XI, 20 (note
Û8. Comme un spectre.... Comparaison erpressive, mais qui manque denetteté.
6q-5o. Boucher, chair. Rime normande. Cf. XXVI, iSi-iSa ; XLlIl. 101-102.
5i. Jusqu'au bout de sa laisse. Suite, assez gauche, de la métaphore de» deux vers précédeata.
LEX^PIATION 26;>
Les anges du Seigneur ont eu pitié de toi.
— Me lever ! me lever ! dit la mère, et pourquoi ? 70
Ah ! tigre que je hais plus que l'agneau sans tache
Ne hait le nœud coulant qui le traîne à la hache ;
Moi, me lever, te suivre, et marcher siir tes pas !
Ah ! tu voudrais encor m'égaVer, n'est-ce pas ?
Tu voudrais, du désert m'infligeant les tortures, 75
Faire mourir de soif mes douces créatures ?
Oh ! non, non, à mes bras le ciel les a rendus 1
Par ce cœur à jamais ils y sont défendus :
Tu ne les auras plus, monstre, qu'avec ma vie I
Viens me les arracher, viens ; mais je te déhe ! 80
Dieu les protège ici contre très cruautés ;
Il les a de tout mal dans ces lieux abrités.
Vois comme ils sont heureux aux bords garnis de mousses
Où leurs petites mains puisent des eaux si douces !
Comme du nénuphar l'ombre les rafraîchit ! . ' 85
Comme du citronnier le rameau qui fléchît
Roule à leurs pieds joueurs ses savoureuses pommes !
Que de fleurs, que de miel, que de sucs, que de gommes
Distillent de l'écorce ou pleuvent des rameaux.
Ou de la ruche pleine échappent en ruisseaux ! . . . 90
Qu'il fait bon en ces lieux, qu'un seul aspect offense.
Que menace un seul mal ! tigre, c'est ta présence 1... »
Et, regardant Cédar avec ce long regard
Où le délire ardent semble rougir un dard,
Et, reculant de lui sa tête renversée, g5
Et des coups de sa main lui lançant sa pensée,
Pressant contre son cœur, hélas ! ses enfants morts,
Elle les dérobait dans les plis de son corps !
En vain des plus doux noms conjurant ce délire,
Cédar cherchait ses yeux, leur parlait du sourire ; 100
Ses plus tendres regards n'inspiraient que terreur.
Elle n'avait pour lui que geste et cri d'horreur !
85. L'ombre '3Sf '^inaphar. Entendez : l'ombre dans laquelle fleurit le nénuphar.