Enlever, lever. V. II, 25-a6 (note
Roule libre et splendide à travers nos ruines, ù
Fleuve d'Arminius, du GaXilois, du Germain ! Charlemagne et César, campés sur les collines, T'ont bu sans t'épuiser dans le creux de leur main.
Et pourquoi nous haïr, et mettre entre les races Ces bornes ou ces eaux qu'abhorre l'œil de Dieu ? ùl>
De frontières au ciel voyons-nous quelques traces 7 Sa voûte a-t-elle un mur, une borne, un milieu? Nations, mot pompeux pour dire barbarie, L'amour s'arrète-t-il où s'arrêtent vos pas? Déchirez ces drapeaux ; une autre voix vous crie : 5o
a L'égoïsme et la haine ont seuls une patrie ; La fraternité n'en a pas ! »
Roule libre et royal entre nous tous, ô fleuve I
Et ne t'informe pas, dans ton cours fécondant,
Si ceux que ton flot porte ou que ton urne abreuve 55
Regardent sur tes bords l'aurore ou l'occident.
Ce ne sont plus des mers, des degrés, des rivières,
Qui bornent l'héritage entre l'humanité :
Les bornes des esprits sont leurs seules frontières ;
Le monde en s'éclairant s'élève à l'unité. 6o
Ma patrie est partout où rayonne la France,
Où son génie éclate aux regards éblouis !
Chacun est du climat de son intelligence ;
Je suis concitoyen de tout homme qui pense :
La vérité, c'est mon pays ! , 6'i
Roule libre et paisible entre ces fortes races Dont ton flot frémissant trempa l'àint' et l'acier. Et que leur vieux courroux, dans le lit que tu traces, Fonde au soleil du siècle avec l'eau du glacier !
Ai. Arminitts (on Ilcrmnnn). Ci'-Ii-bre chef germain, qui massacra les logions d'Auguste clans la foret de Teutberg (g ap. J.-C).