‹ PoésieChapitre 266 sur 274 · A : vers. V. XII, 4 (note · texte numérisé non relu

A : vers. V. XII, 4 (note

L'enfant ne verra plus, du haut de tes murailles, Flotter ces poitrails blonds qui perdent leurs entrailles, Ni sortir des flots ces bras morts !

Roule libre et limpide, en répétant l'image De tes vieux forts verdis sous leurs lierres épais, i5

(^ui froncent tes rochers, comme un dernier nuage Fronce encor les sourcils sur un visage en paix.

Ces navires vivants dont la vapeur est l'âme Déploieront sur ton cours la crinière de feu ; L'écume à coups pressés jaillira sous la rame ; ao

La fumée en courant léchera ton ciel bleu. Le chant des passagers, que ton doux roulis berce, Des sept langues d'Europe étourdira tes flots, Les uns tendant leurs mains avides de commerce. Les autres allant voir, aux monts ou Dieu te verse, 26

Dans quel nid le fleuve est éclos.

Roule libre et béni ! Ce Dieu qui fond la voûte

Où la main d'un enfant pourrait te contenir

Ne grossit pas ainsi ta merveilleuse goutte

Pour diviser ses fils, mais pour les réunir 1 3o

Pourquoi nous disputer la montage ou la plaine ? Notre tente est légère, un vent va l'enlever ; La table où nous rompons le pain est encor pleine. Que la mort, par nos noms, nous dit de nous lever! Quand le sillon finit, le soc le multiplie ; 35

Aucun œil du soleil ne tarit les rayons ; Sous le flot des épis la terre inculte plie : Le linceul, pour couvrir la race ensevelie, Manque-t-il donc aux nations ?

II. Tes marailles. Les murailles qui te dominent; commev. i5, tes vieux forts .

23. Les sept lan'jacs d'Europe sont celles des sept grandes nations européennes. Cf. V. i'66 et la note.

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